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La grève des enseignants chercheurs

04/02/2009

Après une longue période de non-blogging pour cause de twitter, facebook et autres occupations diverses (notamment ma thèse, et oui, il va falloir la terminer!), je viens vous parler un peu du mouvement de grève qui monte ces derniers temps dans nos Universités.

Les Universités et laboratoires de recherche se mettent progressivement en grèves pour protester contre le projet de modification du décret de 1984 relatif au statut des enseignants-chercheurs et de la réforme du CNRS. Je tiens à insister sur la volonté des enseignants-chercheurs de faire une grève constructive, demandant des modifications au décret plutôt que son retrait pur et simple. L’enseignement ne doit pas être vu comme une punition et l’augmentation de service d’enseignement doit être encadrée afin qu’un enseignant-chercheur qui le souhaite puisse de nouveau faire de la « bonne recherche » sans y passer toutes ses nuits. Il faut également que les tâches administratives, qui prennent une place de plus en plus importante dans le métier d’enseignant-chercheur, soient prises en compte. Il ne s’agit pas de refuser de voir notre travail évalué mais plutôt d’exiger que cette évaluation se fasse dans de bonnes conditions et par des personnes compétentes. Il faut surtout éviter que ces modulations soient utilisées pour compenser les suppressions de postes annoncées par le gouvernement (qui, rappellons le, soutient l’enseignement supérieur et la recherche!!!!). Les enseignants-chercheurs ne peuvent pas accepter ce projet de décret tant que ses modalités ne sont pas précisées et que des garanties importantes ne sont pas apportées!

Pour avoir un aperçu des tenants et des aboutissants de ce projet de décret et de cette grève, je vous invite à lire l’article de Rue 89. Si vous souhaitez nous soutenir, vous pouvez signer la pétition de Sauvons la recherche.

Les étudiants commencent à nous rejoindre et nous manifesterons notamment demain après midi à Jussieu.

Edition: Ci-dessous le très bon communiqué de presse que les Verts ont publié sur le sujet:

Enseignement supérieur et recherche : la concertation au lieu du mépris !

Communiqué de presse du 2 février 2009

Les Verts demandent au gouvernement de prendre la mesure du mouvement qui s’est levé dans les universités. Les projets de réformes arbitraires doivent être retirés et laisser place à une véritable concertation avec tous les acteurs de l’enseignement supérieur. Le monde académique doit être écouté, et certainement pas traité avec morgue et condescendance comme l’a fait le Président de la République lors de son discours du 22 janvier.

Si l’objectif du gouvernement est vraiment l’amélioration du potentiel de recherche et d’enseignement supérieur français, il doit immédiatement revenir sur les 900 suppressions de postes annoncées, s’engager pour la résorption de la précarité, et cesser l’opération de casse du CNRS – organisme reconnu dans le monde entier.

Le gouvernement doit également retirer son projet de réforme du statut des enseignants-chercheurs, qui transforme l’enseignement en sanction pour résultats de recherche jugés insuffisants, fait de la modulation un outil commode pour compenser les disparitions de postes, et place le déroulement des carrières des enseignants-chercheurs sous le contrôle exclusif de la présidence des universités, ouvrant grand la voie au retour au temps des mandarins.

Pour les Verts, l’élévation au niveau Master de la formation des enseignants pourrait être positive, en permettant de mieux intégrer les dimensions de recherche et d’innovation pédagogique dans les formations. Mais en menant la réforme à la hussarde et sans moyens financiers, le gouvernement ne fait que mettre en péril la richesse de la formation professionnelle en alternance, et place les établissements formateurs dans une situation impossible.

Attachés à l’accès du plus grand nombre à un enseignement de qualité et au renforcement du potentiel de recherche français, les Verts s’opposent à la volonté de la droite d’imposer sa politique scientifique comme elle impose sa politique migratoire, sa politique fiscale, sa politique judiciaire.

Les Verts soutiennent donc le mouvement grandissant dans les organismes de recherche et l’appel à la grève à compter du 2 février dans les universités. Ils se félicitent des réactions fermes de la quasi-totalité des instances académiques de France, dont tout récemment la CP-CNU et le bureau de la CPU.

Les Verts continueront leurs actions au niveau parlementaire pour que les nécessaires réformes ne soient ni arbitraires, ni justifiées par des commissions alibi, mais élaborées dans la concertation, forme normale d’évolution dans un pays démocratique.

Cedric Recherche et enseignement supérieur , , , , ,

Motion de soutien à la Direction du Département SHS du CNRS

05/09/2008

J’ai décidé de signer cette motion de soutien à la direction du département SHS du CNRS. Pour comprendre ce qu’il se passe, je vous laisse le soin de lire cette motion:

Les Directeurs d’Unités SHS des délégations Provence-Corse et Nice-Sophia Antipolis étaient réunis ce lundi 1er Septembre en présence de la Directrice du Département SHS, Marie-Françoise Courel, et de trois DSA.

Nous avons appris en séance que la Présidente du CNRS venait de demander à la Directrice du Département SHS de mettre un terme à son mandat « le plus rapidement possible » dans les jours qui viennent. Nous apprenons également que tous les DSA du département SHS sauf un ont décidé, par solidarité, de démissionner de leurs fonctions.

La Direction du Département SHS élaborait jusqu’à aujourd’hui le projet de création d’un Institut National des SHS, en concertation avec la communauté. Cette création est un enjeu stratégique majeur pour les SHS et, au-delà, pour le CNRS tout entier. Décapiter la direction SHS en ce moment revient à briser ce processus et fait courir un risque majeur non seulement à ce domaine scientifique, mais également à l’établissement lui-même.

Nous sommes scandalisés par le procédé, intervenant au matin même du début de la concertation avec la communauté.

Nous demandons que la Direction actuelle du Département SHS soit maintenue dans ses fonctions de façon à conduire le processus de création de l’Institut jusqu’à son terme et dans la concertation, comme cela avait été engagé.

Pour signer cette motion (non ce n’est pas une motion de congrès!), ça se passe ici: http://autonomie-recherche.org/shscnrs/index.php

Cedric Recherche et enseignement supérieur , , , ,

Education: les insupportables inégalités territoriales

02/09/2008

La rentrée est aussi l’occasion d’observer les effets de certaines réformes… Pour ce qui est de la réforme de la carte scolaire, ça ne semble pas glorieux! Bien sûr, ça dépend pour qui, je suis sûr que les parents qui ont la possibilité de mettre leur enfant dans un collège plutôt que dans un autre sont sûrement ravis… mais la « ghettoisation » des collèges qu’on pouvait craindre est apparement en nette accélération! Plutôt que d’affronter le problème de front, le gouvernement actuel a préféré satisfaire une partie de la population en marginalisant les plus défavorisés. On retrouve là la principale constance dans les actes de Nicolas Sarkozy: découper la population en morceaux et les opposer! Encore une fois les populations des quartiers difficiles sont pointées du doigt. Dès l’enfance, on les condamne à ne pas avoir le même traitement que les autres… comment dès lors exiger qu’ils « s’intégrent »?

Est-ce différent dans l’enseignement supérieur? J’enseigne dans une fac de banlieue, une fac qui n’aurait « pas la même mission » que certaines facs parisiennes selon le Président de l’une d’elles (lu dans Télérama au moment des débats à propos de l’autonomie des Universités). Pourtant, mes étudiants sont des jeunes comme les autres, ils ont envie de réussir et ils ont le droit de réussir, qu’ils soient nés en banlieue difficile ou dans Paris intra-muros. La mission de l’Université est (et doit rester) la même sur tout le territoire! Certes, il y a des spécificités liées au lieu où est implantée la fac mais mes étudiants ont le même bac que tous les autres et leur motivation est parfois plus grande. De plus, l’enseignement qui y est donné est de bonne qualité et on exige plus d’eux (en termes de connaissances/compétences) qu’on exigeait de nous dans la petite fac de province où j’ai fait ma première année. Pour l’instant, la seule chose qui peut dissuader certains étudiants de venir dans cette fac n’est pas liée à la qualité des enseignements, il s’agit de l’isolement de cette fac (encore très mal désservie par les transports en commun) et des agressions dont peuvent être victimes personnels (profs, chercheurs, …) et étudiants. C’est déjà beaucoup, espérons que ça n’empire pas… Pourtant, c’est ce qu’on peut craindre. En effet, nous ne percevons pas encore les effets de la réforme sur l’autonomie des universités (loi LRU) mais elle risque de contribuer à la stigmatisation de ces jeunes, condamnés à rester « entre eux » de l’école maternelle à la fac.

Ce n’est pas seulement une question d’éducation, toute la société française peut avoir un jour à payer le prix de cette stigmatisation.

Cedric Recherche et enseignement supérieur , , , , , , , , ,

Le classement de Shangaï des universités

08/08/2008

Je vais parler Chine aujourd’hui (vous allez me dire: « pas très original! » mais vous vous trompez!). Voici 2 lectures que je conseille à toute personne qui s’intéresse à l’Université et la Recherche, à propos du célèbre (et désormais contesté) classement de Shangaï des universités:

Pour résumer, on donne trop d’importance en Europe à ce classement alors que les américains l’ignorent quasiment. Il est fait par des universitaires et il doit être considéré pour ce qu’il est (et pas pour la vérité absolue sur la qualité des universités). Les critères utilisés sont criticables et privilégient certaines disciplines au détriment d’autres. Par exemple, le choix des revues prises en compte pose problème: certaines disciplines n’ont aucune chance (typiquement les sciences humaines mais à mon avis c’est aussi le cas pour des domaines de recherches particuliers en sciences). Le pire c’est que certaines réformes et certains projets en cours (pôles d’excellence etc…) ont pour seul objectif de faire entrer une ou plusieurs universités françaises dans le haut de ce classement!!!

A mon avis, la question que l’on devrait se poser si on veut évaluer la qualité de nos universités est la qualité de l’enseignement, de l’accueil des étudiants, le plaisir qu’ils ont à apprendre et à quel point les enseignements qu’ils suivent font d’eux de meilleurs citoyens et acteurs de la société. Certes, il y a des progrès à faire en France mais la situation n’est pas si catastrophique que ce que clament les journalistes déclinologues en brandissant le classement de Shangaï chaque année.

Bien sûr, qualité de la recherche et qualité de l’enseignement sont liées mais la recherche française est-elle si désastreuse alors que nos docteurs n’ont pas de mal à travailler à l’étranger et que nos scientifiques obtiennent encore des récompenses? (rappelons le prix nobel de physique d’Albert Fert en 2007 et les médailles Fields françaises)

Cedric Recherche et enseignement supérieur , , , ,

Nouvel appel de Sauvons La Recherche

01/07/2008

Ripostes sur l’enseignement supérieur et la recherche

27/05/2008

Il est possible de revoir l’émission Ripostes dont le titre était « Universités: le gâchis et l’espérance » sur le site de France 5.

Je ne ferai pas de commentaire mais je vous conseille de lire le billet de Manuel sur cette même émission.

Cedric Recherche et enseignement supérieur, Télé , , ,

Conférence Utopia: Quelles perspectives pour l’enseignement supérieur et la recherche?

20/05/2008
Je suis allé la semaine dernière à la conférence d’Utopia sur l’enseignement supérieur et la recherche. Le conférencier était Bernard Lacroix, sociologue. Les discutants étaient Georges Debrégeas de l’association Sauvons la recherche, Gaël Roustan de Fac Verte et Daniel Goldberg, député PS. En voici un petit compte rendu:

Bernard Lacroix a parlé de la crise actuelle du monde universitaire et de ses conséquences: clivage générationnel, attitude hyper-individualiste, tensions autour du recrutement… Avec la loi LRU, « le gouvernement a tiré le premier ». Il y a des différences énormes entre les Universités françaises et il faut donc arrêter de parler de « l’Université » (qui est une « fiction bureaucratique »). Il faut aussi distinguer les problèmes selon les domaines (les problèmes du droit ne sont pas les problèmes des sciences, etc…). Il a également rappelé qu’il y a un gros problème de moyens (il faudrait créer un fond global avec un organe d’attribution universitaire) et que le dualisme université/grandes écoles pose de nombreux problèmes. B. Lacroix a terminé son exposé par une critique de la loi LRU, loi partielle, pleine de défauts, dissociée dès le départ des préoccupations financières: elle a élargi les missions de l’Université mais sans donner les moyens. Les réformes en cours cherchent à se débarrasser de la recherche non immédiatement vendable et a emprunté les façons de penser de l’OCDE. « Il faut sortir d’une politique qui n’est pas une politique ».

Georges Debrégeas a surtout parlé de la façon dont le gouvernement présente les réformes: urgence, réforme technique, qui élude le politique, le choix. Le CNRS, 1ère structure de recherche en Europe, est inattaquable sur le fond, sur ses résultats. Les réformes vont vers la privatisation de l’Université (fonds publics déviés vers la recherche privée (ANR, crédit impôt recherche…)). Il a ensuite soulevé les contradictions du gouvernement. 2 exemples: on affirme vouloir simplifier le fonctionnement de la recherche tout en empilant de plus en plus de structures et on affirme qu’on veut rendre les métiers de la recherche attractifs tout en créant de la précarité pour ces métiers. G. Debrégeas a terminé son exposé par une auto-critique afin de tenter d’expliquer pourquoi Sauvons la recherche a échoué ces dernières années. Il nous a également invités à nous rendre à l’Academic Pride, manifestation pour la recherche et l’Université le 27 mai (malheureusement je serai à l’étranger!).

Gaël Roustan a présenté rapidement Fac Verte et a dit que selon lui, les réformes étaient plutôt le fait d’un « pilotage à vue » que d’une volonté de réforme néolibérale. On assiste à un empilement de réformes sans vraie cohérence, sans volonté politique assumée. Il a également beaucoup insisté sur la nécessité d’améliorer l’orientation des étudiants (avant et pendant les études supérieures) et l’idée de faire de l’Université un modèle de société différente.

Daniel Goldberg est revenu sur la présentation de la réforme comme une réforme « de bon sens », « nécessaire » et les difficultés à débattre dans ces conditions. Il a également beaucoup insisté sur la confiance qu’il faut rebâtir: les familles n’ont plus confiance dans l’Université, ils cherchent à éviter à tout prix d’y mettre leurs « enfants ». Il faut en finir avec le dualisme. Le succès de l’Université par rapport aux Grandes Ecoles c’est d’y amener des gens dont les parents n’avaient pas accédé à l’Université. C’est une « connerie » de faire croire que l’espoir pour les jeunes de banlieue est d’intégrer un programme Science Po. Pour eux, l’espoir est à Paris 8 ou Paris 13 (les 2 Universités de la banlieue nord de Paris).

En tous cas cette conférence/débat était très intéressante, beaucoup d’autres choses ont été dites. La conférence devrait bientôt être disponible en vidéo sur le site http://utopiaconf.free.fr

Cedric Politique, Recherche et enseignement supérieur , , , , , ,


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