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Articles taggués ‘Union Européenne’

Pourquoi voter le 7 juin?

27/04/2009

Je ne suis pas tous les jours d’accord avec Bernard Guetta mais sa chronique de ce matin sur l’abstention qui menace les élections européennes du 7 juin m’a bien plu. Vous pouvez la lire, la réécouter et la podcaster sur le site de France Inter. Je me contente ici d’en reproduire un extrait:

Si vous êtes libéral et vous inquiétez du regain régulateur qui se fait sentir à Bruxelles, votez. Si vous êtes, avant tout, écologiste, votez, ou ne vous plaignez pas, ensuite, que la Commission ne fasse pas assez entendre la voix de l’Europe sur le réchauffement climatique. Si vous êtes partisan d’une dose de protectionnisme européen, votez pour ceux qui défendent cette idée car ce sera la seule manière de la faire prévaloir.

Si vous souhaitez que l’Union marche vers l’harmonisation des politiques économiques, sociales et fiscales de ses 27 pays membres, votez car le moment est propice à ce qu’une Commission décidée à le faire y parvienne. Si vous êtes fédéraliste, votez car seules les institutions paneuropéennes, Parlement et Commission, pourraient imposer un gouvernement de l’Union qui transcende les égoïsmes des Etats. Si la crise vous a déjà fait perdre votre emploi ou menace de le faire, votez pour des partisans d’un plan de relance européen, coordonné, à long terme, plutôt que d’attendre des solutions de gouvernements nationaux dont la marge de manœuvre est limitée.

Cedric Europe, Politique , , , , , , , , ,

Europe Ecologie: une longueur d’avance?

18/02/2009

Que de chemin parcouru depuis l’appel au rassemblement des écologistes!

Plus de 6700 signataires, des centaines de groupes sur le réseau social, aussi bien des comités locaux que des groupes aux thèmes variés comme Recherche et enseignement supérieur, Culture et logiciels libres, Energie, …

Des comités locaux s’organisent partout en France (déjà 2 rencontres dans le 13ème et une dynamique qui se met en place dans une bonne ambiance!) et une réunion publique prometteuse à Corbeil-Essonnes jeudi, en présence des 4 premiers de notre liste en Ile-de-France. Les sous-sites des eurorégions sont également en ligne depuis peu! (voilà pour l’Ile-de-France)

Il est aussi déjà question d’idées puisque les propositions d’Europe Ecologie ont été mises en débat sur le site et dans les comités locaux depuis peu! Vous pouvez y participer, pour cela, il suffit de signer le manifeste. Les débats auront aussi lieu sur facebook puisque 6 groupes relatifs aux « chapitres » du green deal ont été créés!

On pouvait lire il y a quelques jours sur le nouveau « lieu d’analyses et de débats » du web francophone slate.fr un article sur les rapports des partis politiques français aux réseaux sociaux et à l’intérêt qu’ils portent à ces réseaux depuis la victoire d’Obama. Article intéressant mais qui oublie totalement de mentionner l’existence du réseau social du site d’Europe Ecologie, en ne parlant que de l’UMP et du PS qui n’ont pour l’instant rien fait de concret dans le domaine!

2 articles évoquent déjà la longueur d’avance d’Europe Ecologie: Bix parle du premier sur son blog et le deuxième, paru sur Euros du village vaut le détour.

La campagne n’est pas encore totalement commencée mais à mon avis, elle laissera une trace dans l’histoire de l’écologie politique en France et en Europe! Et vous pouvez aussi y contribuer en signant dès maintenant sur le site!

Cedric Ecologie, Europe, Les Verts , , ,

Lancement du réseau social Europe Ecologie

06/01/2009

Tout d’abord, bonne année 2009 et plein de bonnes choses à tous!

Le réseau social du site Europe Ecologie a été lancé officiellement hier. Tout militant/signataire peut désormais rejoindre les groupes créés (thématiques, comme, par exemple, sur le logiciel libre ou groupes de comités locaux (par exemple, celui du 13ème arrondissement)). Je suis convaincu que ce réseau peut être un très bon outil de communication interne pour une campagne efficace!

De plus, la boîte à outils est en ligne et on peut mesurer le travail effectué par les écologeeks depuis quelques mois! (ce n’est qu’un début!). 2 exemples: myspace et netvibes

Et il y a plein d’autres choses à visiter et découvrir alors rendez-vous sur le site et sur le réseau social!

Cedric Ecologie, Europe , , , ,

Lancement d’Europe Ecologie: premiers mensonges médiatiques

23/10/2008

Après le manifeste, le rassemblement des écologistes pour les élections européennes est officiellement né le 20 octobre avec un site web et une conférence de presse.

Le site web est plutôt pas mal, sous forme de réseau social/blog collectif et j’espère qu’il sera vite enrichi pour faciliter la constitution des comités locaux (grâce à la possibilité de contacter tous les signataires dans une zone géographique par exemple) et un outil permettant de créer des blogs pour ces comités locaux qui aient tous la même charte graphique. Déjà près de 1500 signataires! Rejoignez-nous vite: vous pouvez signer (rester anonyme est bien sûr possible) et/ou adhérer pour soutenir financièrement la campagne!

Les retours presse sont déjà énervants avec de nombreuses coquilles, inexactitudes voire des mensonges! Quelques exemples: j’ai lu sur le site web de TF1: « les écologistes créent un nouveau parti politique », ce qui est faux (ou alors, on nous a menti et il va falloir exclure un grand nombre de Verts (et pas des moindres) pour double appartenance!). Le « compte rendu » de Sylvia Zappi qui ne s’est (paraît-il) même pas donné la peine de se déplacer pour assister à la conférence de presse (peut-être parce qu’elle savait ce qu’elle écrirait). Elle « cite » Dany Cohn-Bendit qui promettrait aux Verts « des larmes et des pleurs » mais plusieurs personnes présentes à la conférence m’ont affirmé que cette phrase n’avait pas été prononcée! (et le pire c’est que l’expression est reprise en titre de l’article!). Chacun pourra vérifier lorsque la vidéo de l’intégralité de la conférence de presse sera disponible en ligne. Notons qu’il y a aussi des articles plus « neutres ». Par exemple, un autre article du Monde: Daniel Cohn-Bendit veut un green new deal

La blogosphère verte n’est pas en reste et le lancement d’Europe Ecologie est accueilli avec enthousiasme (Bix, Vert chez moi, Brest OuVert, Jean-Marc Brûlé, Catherine Candelier, Arlette Zilberg, Pascale Loget, …).

Il y a une volonté d’utiliser les possibilités du web actuel, (ce qui n’est pas pour me déplaire!): un groupe sur facebook, des vidéos sur dailymotion, un compte FlickR et même un twitter pour Yannick Jadot.

http://www.europeecologie.fr

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Changer d’ère

18/10/2008

Ci-dessous le manifeste pour les élections européennes, signé par Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, José Bové, Jean-Paul Besset, Cécile Duflot, Antoine Waechter, Yannick Jadot, François Alfonsi et Pascal Durand. Le mouvement est lancé, reste à réussir ces élections en faisant une campagne dynamique, originale et efficace!

(Image: Wikimédia commons)

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L’histoire est en suspens, car la déraison s’est emparée du monde.
Comme en témoignent brutalement les dérèglements des mécanismes financiers, la croissance de la famine, l’aggravation des inégalités ou l’emballement du bouleversement climatique, l’humanité s’est mise en situation de perdre la maîtrise de son destin. Nous sommes parvenus à ce moment clé où tout peut basculer, jusqu’à l’irréversible, ou, au contraire, favoriser un sursaut pour construire une nouvelle donne dont l’Europe deviendrait le creuset.

Soit la trajectoire d’effondrement dans laquelle s’inscrit la mondialisation du tout-marché et de la prédation aveugle se prolonge, et l’on verra la conjonction des crises – écologique, énergétique, alimentaire, financière, économique, sociale, identitaire – précipiter la planète dans une régression sans précédent ; soit les sociétés humaines se ressaisissent, refusant la spirale de l’excès, des fractures sociales et du découplage avec la nature, et alors surgiront les forces porteuses des réformes nécessaires pour échapper au chaos et tracer l’horizon d’une nouvelle espérance.
Il est urgent de se rassembler pour y concourir. Ni demain, ni peut-être. Maintenant et résolument !

Ne rien faire ouvrirait la porte à des politiques autoritaires pour gérer les pénuries ou les conséquences des migrations d’origine climatique. Agir, c’est éviter la barbarie pour choisir la civilisation.
Nous n’avons plus le temps. Tous les indicateurs sont au rouge. Notre modèle de développement est pulvérisé par les faits ! Aveuglé par l’idéologie de la croissance sans limites, dopé par le laisser-faire du libéralisme, le système productiviste fonce tout droit vers la catastrophe, tel un bateau ivre. Partout l’insécurité sociale grandit. Le progrès perd son sens au profit d’une montée de l’insignifiance et d’une destruction du vivant. L’humanité avance vers son désert.

[…] Une autre politique est possible : celle de la responsabilité. Le devoir d’équité universelle, l’attachement au vivant sous toutes ses formes, la nécessité de réduire l’empreinte écologique sur les ressources et les équilibres naturels commandent de changer d’ère. Il faut entrer sans plus tarder dans un nouveau monde, celui d’une profonde mutation écologique et sociale de civilisation. Celle-ci s’appuiera sur les valeurs de sobriété, de mesure et de modération, de partage, de solidarité et de démocratie, a contrario des aliénations marchandes et des violences économiques qui contaminent les écosystèmes, déstructurent les sociétés, écrasent les diversités culturelles et broient les individus dans la compétition du toujours plus et les frustrations permanentes.

D’abord, il faut rompre ! Rompre, c’est s’en prendre enfin aux racines […]. Agir sur les structures de nos sociétés et travailler en même temps à une insurrection des consciences, voilà les deux défis à relever pour éviter une désagrégation tous azimuts et, au final, la défaite de l’homme.

L’urgence commande donc de réunir les conditions collectives pour que la trajectoire humaine s’engage sur une autre voie. Autre projet de société, autre modèle de civilisation… le chemin passe par la refondation progressive et pacifique de nos manières d’être et de vivre, ensemble et individuellement.

b[[…] Nous n’affichons ni lendemains qui chantent ni programmes miracles.]b Nous affirmons seulement un autre choix : celui d’une nouvelle régulation, fondée sur l’impératif écologique et social, dont la déclinaison devra être établie démocratiquement dans chaque domaine impliquant la communauté humaine. Notre démarche consiste à opposer pied à pied des alternatives aux logiques destructrices et spéculatives, à trier entre ce qui est possible et ce qui ne l’est plus, à rassembler les énergies pour que la société s’engage dans une transition vers un monde qui, à défaut d’être parfait, restera viable pour tous et se montrera plus juste au plus grand nombre.

L’enjeu est tel et son urgence si prégnante que nous ne pouvons plus consentir à la tradition des jeux de rôle auxquels la représentation politique se complaît, avec ses rabâchages traditionnels qui pétrifient le futur et ses crispations claniques qui dévalorisent les consciences. Quels que soient leurs référentiels idéologiques, les partis politiques dominants bégaient devant les défis du nouveau siècle, refusant l’obstacle du grand tournant nécessaire. Ils restent liés à un type de développement insoutenable, fondé sur le mythe d’une progression exponentielle des richesses et, au final, sur le diktat absurde de la croissance pour la croissance. Chacun à leur façon, ils persévèrent dans la reproduction de mécanismes de plus en plus aliénants qui consacrent la domination de l’avoir sur l’être et de l’économique sur le politique.

Vivre avec son siècle consiste aujourd’hui à prendre conscience que l’âge du gaspillage et de l’inconséquence est terminé, que l’autorégulation du marché est un mirage, que la réalité est désormais surdéterminée par la crise écologique et l’approfondissement des inégalités sociales.
[…]

C’est pourquoi il s’agit de développer un nouvel espace politique au sein duquel ceux et celles qui se rassemblent dans leur diversité traceront la perspective d’un nouveau projet de société. Celui-ci n’est pas hors d’atteinte. Il repose sur l’aspiration grandissante des populations à vivre autrement que dans l’accumulation, le factice ou les dettes et sur la montée de l’exigence citoyenne pour une répartition équitable des richesses et un juste échange entre les peuples.

Ce modèle alternatif n’est inscrit dans aucun dogme ni bréviaire, même s’il est attaché aux meilleures traditions humanistes, en particulier l’opposition radicale au racisme, à l’antisémitisme, au sexisme et à toute forme d’ostracisme et de domination. Il se construira pas à pas, à partir des besoins de bientôt 7 milliards d’individus, de l’intérêt collectif des peuples de la Terre, de la protection des biens communs et de l’extension des services publics, du partage des ressources et du respect des équilibres du vivant. Il se fondera sur les valeurs de justice sociale et de solidarité planétaire, de sobriété et de conscience des limites, de droits humains et de dialogue démocratique. Il orientera progressivement les activités vers une réduction de l’empreinte écologique, impliquant de nouvelles façons de consommer, de produire, de se déplacer, de travailler, d’échanger, d’innover, d’habiter les villes et les territoires et de faire ensemble société. Il encadrera rigoureusement les mécanismes du marché et leurs prolongements financiers. Il stimulera la recherche scientifique et la créativité industrielle selon une perspective compatible avec les besoins réels et les limites de la biosphère.

A nouveau projet de société, nouvelle régulation économique et sociale. Il s’agit de penser l’organisation de la société selon le principe de durabilité, intégrant à la fois l’impératif écologique et celui de la justice sociale : durabilité des ressources et des équilibres naturels, durabilité, dans leur diversité culturelle, des systèmes économiques de demain, des contrats sociaux et des modes de vie. Autrement dit, il s’agit d’engager des réformes incompatibles avec l’hégémonie productiviste et consumériste qui précipite les dégâts écologiques et sociaux à coups de dérégulation, de financiarisation, de marchandisation et
d’uniformisation.

Un nouvel espace politique porteur d’une nouvelle politique de régulation ne peut se concevoir d’emblée qu’à l’échelon européen puisque l’Europe est notre famille, et sans frontières puisque le monde est notre village.
[…]

L’Union européenne, malgré les aléas de sa construction et des pratiques trop souvent technocratiques, a bâti un espace de paix et de coopération entre les 27 Etats et les 83 peuples qui la composent. Elle a su s’interposer comme une force de conciliation dans les conflits. C’est un formidable acquis, une histoire positive, à rebours des visions archaïques ou souverainistes qui imprègnent encore ce continent qui était celui des guerres. Des cultures différentes démontrent qu’elles peuvent vivre ensemble et s’enrichir mutuellement dans un monde déchiré par la violence multipolaire et les replis nationalistes et communautaristes.

Plus que jamais, nous avons besoin d’Europe. Mais l’Union européenne n’apparaît plus comme une entité capable de réguler les équilibres mondiaux selon des critères de justice sociale et d’environnement. Ses dérives libérales tendent à l’assimiler à un simple épiphénomène d’une globalisation chaotique, voire même à un accélérateur de celle-ci. D’autant plus que les peuples boudent l’Europe parce qu’ils ne se reconnaissent pas dans ses institutions sans visage. Comment s’en étonner, dès lors qu’on leur parle surtout de compétitivité et de concurrence, comme si le marché pouvait à lui seul tenir lieu d’horizon ? L’Europe est plus présente dans leur vie pratique que dans leurs cœurs. Ils attendent légitimement un projet qui les fédère et leur ouvre l’horizon.

Le moment est venu pour que les Européens s’emparent et s’identifient à la perspective politique d’une Europe solidaire et durable. En installant la mutation écologique et sociale comme colonne vertébrale de la communauté de destin des peuples européens, nous avons l’occasion de vivre mieux. A nous tous de la saisir !

Cedric Politique , , , , ,

Nicolas Hulot: un pas de plus vers les Verts?

08/09/2008

Dans cette tribune parue dans Le Monde aujourd’hui (voir plus bas), Nicolas Hulot et François Chérèque soulignent l’importance de la prise en compte par les instances européennes des problématiques environnementales ET sociales. Dès lors, une question: « qu’est-ce qui différencie aujourd’hui Nicolas Hulot des Verts? » Sur les idées, je dirais pas grand chose (les Verts sont assez divers pour que beaucoup de monde puisse s’y retrouver). Reste néanmoins pour Nicolas Hulot à faire un pas important, celui de se présenter à une élection. L’importance des associations et des ONG n’est plus à prouver mais c’est le politique qui a le dernier mot. Espérons que les réactions de l’amphi aux journées d’été aux interventions vidéo de Nicolas Hulot et le rassemblement en marche l’encouragent à faire ce pas.


Une Europe qui partage et protège, par Nicolas Hulot et François Chérèque

LE MONDE | 08.09.08 | 14h11

Au moment où les crises – énergétique, alimentaire, climatique, financière, sociale – convergent dangereusement et multiplient les victimes sur la planète, nous avons plus que jamais besoin d’Europe. C’est notre meilleur socle pour répondre collectivement aux enjeux de l’époque et construire un modèle de société qui mette enfin l’économie au service de l’humain.

Or voici que l’Europe ajoute sa propre crise à celles qui accablent le monde. Quoiqu’on pense des raisons, très hétérogènes, du refus irlandais du traité de Lisbonne, celui-ci révèle encore une fois le déficit de l’institution européenne vis-à-vis des peuples qui la composent. L’Europe telle qu’elle se fait soulève de moins en moins de désir d’adhésion. Elle incarne, au contraire, les craintes de nos sociétés vis-à-vis d’une mécanique qui paraît étrangère à leurs préoccupations quotidiennes et à leurs angoisses du futur.

C’est sans doute injuste pour une part, mais il faut entendre cette protestation démocratique. Et y répondre au bon niveau. Il serait dramatique de croire qu’il suffirait d’un raccommodage juridique ou d’un artifice technique pour sortir de cette impasse. A la crise institutionnelle, il faut donner une réponse qui, justement, ne soit pas seulement institutionnelle. Réponse politique, dit-on.

La clé réside dans le choix de mettre résolument en oeuvre une ambitieuse politique écologique et sociale et de faire de celle-ci la colonne vertébrale et le moteur de la construction européenne. Autrement dit, de donner une nouvelle impulsion à la plus précieuse des valeurs, la solidarité entre les individus, les peuples, les générations et l’ensemble du vivant. Question écologique et question sociale ne se sont jamais opposées dans la mesure où les ressources naturelles constituent la base des activités humaines.

Mais elles sont plus indissociables et urgentes que jamais : c’est en économisant l’énergie que l’on préservera le climat et le pouvoir d’achat, c’est avec des logements mieux isolés que l’on réduira à la fois les gaz à effet de serre et les factures de chauffage, c’est en favorisant les activités de proximité que l’on évitera les déplacements automobiles et que l’on confortera l’emploi local (agricole, artisanal, industriel et commercial), c’est en encourageant les modes soutenables de production, de consommation, d’habitation et de déplacement, que l’on renforcera les législations sociales et que l’on créera de nouvelles activités enrichissantes, c’est en triant parmi les possibles que l’on s’orientera vers un type de croissance compatible avec les exigences de la durabilité, c’est en préservant l’air, les océans, les fleuves, les sources, les sols, les forêts, les plantes et les animaux que l’on permettra à la condition humaine de s’épanouir plus harmonieusement.

La crise multiforme des équilibres du vivant ébranle les équilibres sociaux en pénalisant d’abord les plus démunis, aussi bien dans les pays du Sud que dans les Etats industrialisés. Elle hypothèque gravement le progrès social au niveau national comme à l’échelle universelle. Récession, chômage, précarisation, famines, détresses, conflits sont au bout du chemin. En même temps, cette crise écologique redoutable présente une opportunité inespérée : elle oblige à la mobilisation des énergies de toute la société pour engager des mutations radicales vers un autre modèle économique et pour offrir un nouvel horizon de civilisation.

A l’Europe de saisir cette chance et de se montrer à la hauteur ! Avec ses 27 Etats et ses 500 millions de citoyens, elle en a la puissance et les moyens. Pour sortir du scénario noir où elle est encalminée, l’Europe doit se doter d’un projet qui concerne directement le mode de vie de ses populations, qui les engage dans une même communauté de destin. Quel meilleur point de convergence et de cohésion que de bâtir une alternative à partir des nécessités écologiques et sociales ? Quel meilleur vecteur de mobilisation que de déterminer des politiques en fonction des conditions de la vie, celle des hommes et de leur environnement ? En adoptant, en affichant cette priorité, l’Europe peut ouvrir une autre voie, pour ses populations et pour le monde.

Une Europe durable et solidaire, une Europe du juste échange plutôt que du libre échange, une Europe qui partage et protège, une Europe de la modération et de la sobriété, une Europe qui régule l’ère de l’après-pétrole, une Europe du contrat social, une Europe qui redonne du sens au progrès, bref une Europe qui rayonne comme un nouveau foyer de civilisation.


Nicolas Hulot est président de la Fondation Nicolas Hulot.
François Chérèque est secrétaire général de la CDFT.
Article paru dans l’édition du 09.09.08

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Le Plan A+ de Gérard Onesta

26/08/2008

Des journées d’été, les médias ne retiendront que de Dany Cohn-Bendit, José Bové et Nicolas Hulot. Pour ma part, je retiendrai également Gérard Onesta, député européen vert que je ne connaissais pas avant les journées d’été.

Très intéressé par la question institutionnelle en Europe, Gérard Onesta a présenté avec brio son plan A+ lors de la plenière « Les enjeux de la Présidence française de l’Union Européenne ». L’idée est la suivante: le projet de constitution européenne (plan A) est mort, il n’y a pas de plan B, il faut donc proposer un plan A+, reprenant de façon claire les points qui faisaient presque concensus dans le projet A et le soumettre à un référendum européen (le même jour dans tous les Etats de l’Union) à double majorité requise: majorité des citoyens et majorité (qualifiée) d’Etats. Les Etats refusant le traité restant partenaires de l’Union (en quelques sortes une Europe économique) mais n’empéchant pas les autres Etats de construire l’Union politique (que les autres pourront rejoindre par la suite). Je m’arrête là et je vous propose (si la question vous intéresse) d’aller voir ce plan A+ sur le site de Gérard Onesta.

Comme je l’ai déjà exprimé sur ce blog, je préfère mille fois cette façon d’affronter le problème de front, en prenant un risque qui sera payant à moyen/long terme (la relance de l’envie d’Europe pour les citoyens de l’Union) que l’autre « solution », c’est-à-dire faire revoter l’Irlande sur le traité de Lisbonne et montrer aux citoyens européens que leur avis ne compte pas, que l’Europe se fera sans eux, quoi qu’ils en pensent! (ce qui serait à mon avis catastrophique sur le long terme!)

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Que faire contre les lobbys?

26/07/2008

J’ai lu dans le dernier numéro de l’hebdomadaire Marianne (numéro 587) un très bon article sur la barrière que constituent les lobbys en matière d’environnement. Les lobbys vont à l’encontre de l’idée même de démocratie. En effet, ils cherchent à défendre des intérêts particuliers alors que dans une démocratie, c’est l’intérêt général qui devrait primer. Comment alors accepter que des petits groupes (constructeurs automobiles, semenciers, nucléocrates…) influent à ce point sur des décisions qui nous concernent tous et qui concernent aussi nos descendants?

L’article montre à quel point les lobbys sont puissants et influent sur toutes les décisions qui sont prises. En utilisant des manoeuvres plus ou moins illégales, ils retournent l’opinion de nos parlementaires (qui parfois ne demandent que ça), tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle européenne. Il suffit de voir ce qu’il est advenu du Grenelle de l’environnement pour se rendre compte que sans une volonté politique et une volonté populaire solides, il est difficile de prendre des décisions qui risquent de faire perdre le l’argent à ceux qui en ont déjà beaucoup. Chaque étape dans la prise de décision est une occasion d’intervenir pour les groupes de pressions.

A partir de ce constat, que faire? Comment contrôler, limiter ou empêcher l’action de ces groupes néfastes et dangereux? Visiblement les lois qui sont censées encadrer ces pratiques ne sont pas respectées… Je dois dire que je suis assez pessimiste sur ce sujet et que je ne vois pas vraiment ce qu’il est possible de faire. Une première piste est que les citoyens fassent eux même pression mais celà suppose des citoyens éveillés, informés et qui se sentent concernés. Il faut aussi (mais celà est lié) compter sur des parlementaires et des décideurs dignes de confiance, qui ont prouvé qu’ils étaient conscients de l’urgence écologique et de la nécessité d’agir aujourd’hui pour ne pas à avoir à subir des pertes (autant en terme de biodiversité et de santé qu’en matière d’économie…). Personnelement, je sais à qui faire confiance pour prendre les meilleures décisions pour défendre l’environnement. Et vous?

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Pour une Europe des peuples

13/06/2008

Les irlandais ont dit non au traité de Lisbonne. On risque d’avoir droit à des commentaires divers et variés. Le problème avec un référendum sur ce genre de traité un peu fourre-tout, c’est qu’il est difficile de distinguer quels critères ont amené au résultat. Chacun fera donc les commentaires qui l’arrangent… à commencer par moi!

La constante c’est que depuis 2005, quand on demande directement aux peuples européens de se prononcer par référendum sur ce traité (même les médias et la majorité n’osent plus dire que ce n’est pas le même traité), la réponse est non. Les 3 pays qui ont dit non à ce traité (la France, les Pays-Bas et l’Irlande) sont dans des situations très différentes et les raisons de leurs « non » sont très variées et différentes. En France, pays en crise économique, ce qui a fait la différence c’est qu’une partie importante du « peuple de gauche » a estimé que l’UE apportait plus de contraintes et d’inconvénients que d’avantages (il y avait bien un non nationaliste et souverainiste mais pas plus qu’ailleurs). Pour ce qui est des Pays-Bas, les grands médias ont présenté ce « non » comme un « non » protectionniste, nationaliste et parfois même raciste. Contrairement aux 2 pays qui ont voté « non » en 2005, l’Irlande est un pays qui a plus gagné à faire partie de l’Union qu’elle n’a perdu (certains politiques et certains médias ne vont pas se priver pour dire que les irlandais sont des ingrats etc etc…). On peut alors difficilement imputer le refus irlandais comme un « non » à l’Europe économique et libérale. Certains diront que les tenants du « non » ont joué sur les peurs des irlandais et que ces derniers se sont fait berner. Je trouve ça un peu facile, ça permet surtout de ne pas se remettre en question…

Il aurait fallu, comme les Verts le proposaient, un référendum européen, c’est-à-dire la consultation quasi-simultanée de tous les peuples d’Europe, qui aurait montré qu’on ne veut pas faire l’Europe sans ses peuples, que nous faisons tous partie de l’Union Européenne et que les décisions sur notre avenir commun doivent être prises ensemble! Comment créer un sentiment d’appartenance lorsque les ratifications des traités sont si espacés dans le temps? Aujourd’hui, les européens ne se sentent pas ou peu européens. Comment le pourraient-ils? Pas de langue commune, peu de symboles forts (hormis l’euro qui renvoit à la dimension économico-économique de l’Union). En bref, l’Europe est technocratique et se contruit presque dans le dos des peuples. Par exemple, on revoyait tout à l’heure à C dans l’air des images de Sarkozy, fier comme un coq, qui présentait « son » traité et qui assumait totalement le fait de ne pas faire de référendum parce qu’il avait peur d’un « non » français ou d’un « non » anglais… drôle de conception de la démocratie et de la construction européenne…

Je pense aussi qu’il sera difficile de faire quelque chose de cette Europe à 27 tant les pays et les peuples sont différents et n’attendent pas la même chose de l’Union. Il faut construire l’Europe politique à partir d’un « noyau » de pays prêts à tenter l’aventure et ne pas être trop pressés pour élargir cette Union politique.

Pour finir, je vous conseille l’article de Franck, qui a le mérite de ne pas renvoyer aux vieux débats oui/non et qui pose la vraie question: voulons-nous de l’Europe? Si oui, il ne faudra pas une Europe à minima et il ne faudra pas essayer de la construire sans les peuples.

Cedric Europe , , ,

Le logo de la Présidence française de l’Union Européenne

10/06/2008

Alexis relève l’étrange ressemblance entre le logo de la présidence française de l’Union Européenne et la photo officielle du Président Sarkozy.

Pas mal! Pas mal non plus ce que remarque le journal Marianne à propos de ce logo: les drapeaux sont en berne: tout un symbole…

Cedric Europe , , ,


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