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Articles taggués ‘Sauvons la recherche’

Sarkozy et la recherche…

06/02/2009

Une vidéo tellement bien faite qu’elle se passe de commentaires…

Cedric Les Verts , , , , ,

La grève des enseignants chercheurs

04/02/2009

Après une longue période de non-blogging pour cause de twitter, facebook et autres occupations diverses (notamment ma thèse, et oui, il va falloir la terminer!), je viens vous parler un peu du mouvement de grève qui monte ces derniers temps dans nos Universités.

Les Universités et laboratoires de recherche se mettent progressivement en grèves pour protester contre le projet de modification du décret de 1984 relatif au statut des enseignants-chercheurs et de la réforme du CNRS. Je tiens à insister sur la volonté des enseignants-chercheurs de faire une grève constructive, demandant des modifications au décret plutôt que son retrait pur et simple. L’enseignement ne doit pas être vu comme une punition et l’augmentation de service d’enseignement doit être encadrée afin qu’un enseignant-chercheur qui le souhaite puisse de nouveau faire de la « bonne recherche » sans y passer toutes ses nuits. Il faut également que les tâches administratives, qui prennent une place de plus en plus importante dans le métier d’enseignant-chercheur, soient prises en compte. Il ne s’agit pas de refuser de voir notre travail évalué mais plutôt d’exiger que cette évaluation se fasse dans de bonnes conditions et par des personnes compétentes. Il faut surtout éviter que ces modulations soient utilisées pour compenser les suppressions de postes annoncées par le gouvernement (qui, rappellons le, soutient l’enseignement supérieur et la recherche!!!!). Les enseignants-chercheurs ne peuvent pas accepter ce projet de décret tant que ses modalités ne sont pas précisées et que des garanties importantes ne sont pas apportées!

Pour avoir un aperçu des tenants et des aboutissants de ce projet de décret et de cette grève, je vous invite à lire l’article de Rue 89. Si vous souhaitez nous soutenir, vous pouvez signer la pétition de Sauvons la recherche.

Les étudiants commencent à nous rejoindre et nous manifesterons notamment demain après midi à Jussieu.

Edition: Ci-dessous le très bon communiqué de presse que les Verts ont publié sur le sujet:

Enseignement supérieur et recherche : la concertation au lieu du mépris !

Communiqué de presse du 2 février 2009

Les Verts demandent au gouvernement de prendre la mesure du mouvement qui s’est levé dans les universités. Les projets de réformes arbitraires doivent être retirés et laisser place à une véritable concertation avec tous les acteurs de l’enseignement supérieur. Le monde académique doit être écouté, et certainement pas traité avec morgue et condescendance comme l’a fait le Président de la République lors de son discours du 22 janvier.

Si l’objectif du gouvernement est vraiment l’amélioration du potentiel de recherche et d’enseignement supérieur français, il doit immédiatement revenir sur les 900 suppressions de postes annoncées, s’engager pour la résorption de la précarité, et cesser l’opération de casse du CNRS – organisme reconnu dans le monde entier.

Le gouvernement doit également retirer son projet de réforme du statut des enseignants-chercheurs, qui transforme l’enseignement en sanction pour résultats de recherche jugés insuffisants, fait de la modulation un outil commode pour compenser les disparitions de postes, et place le déroulement des carrières des enseignants-chercheurs sous le contrôle exclusif de la présidence des universités, ouvrant grand la voie au retour au temps des mandarins.

Pour les Verts, l’élévation au niveau Master de la formation des enseignants pourrait être positive, en permettant de mieux intégrer les dimensions de recherche et d’innovation pédagogique dans les formations. Mais en menant la réforme à la hussarde et sans moyens financiers, le gouvernement ne fait que mettre en péril la richesse de la formation professionnelle en alternance, et place les établissements formateurs dans une situation impossible.

Attachés à l’accès du plus grand nombre à un enseignement de qualité et au renforcement du potentiel de recherche français, les Verts s’opposent à la volonté de la droite d’imposer sa politique scientifique comme elle impose sa politique migratoire, sa politique fiscale, sa politique judiciaire.

Les Verts soutiennent donc le mouvement grandissant dans les organismes de recherche et l’appel à la grève à compter du 2 février dans les universités. Ils se félicitent des réactions fermes de la quasi-totalité des instances académiques de France, dont tout récemment la CP-CNU et le bureau de la CPU.

Les Verts continueront leurs actions au niveau parlementaire pour que les nécessaires réformes ne soient ni arbitraires, ni justifiées par des commissions alibi, mais élaborées dans la concertation, forme normale d’évolution dans un pays démocratique.

Cedric Recherche et enseignement supérieur , , , , ,

Fourre-tout de recherche et d’enseignement supérieur

03/11/2008

Un petit fourre-tout orienté « Enseignement supérieur et recherche » (mais pas uniquement!) avec:

Cedric Fourre-tout, Recherche et enseignement supérieur , , , ,

Sur la réforme du CNRS

05/07/2008

Nouvel appel de Sauvons La Recherche

01/07/2008

Conférence Utopia: Quelles perspectives pour l’enseignement supérieur et la recherche?

20/05/2008
Je suis allé la semaine dernière à la conférence d’Utopia sur l’enseignement supérieur et la recherche. Le conférencier était Bernard Lacroix, sociologue. Les discutants étaient Georges Debrégeas de l’association Sauvons la recherche, Gaël Roustan de Fac Verte et Daniel Goldberg, député PS. En voici un petit compte rendu:

Bernard Lacroix a parlé de la crise actuelle du monde universitaire et de ses conséquences: clivage générationnel, attitude hyper-individualiste, tensions autour du recrutement… Avec la loi LRU, « le gouvernement a tiré le premier ». Il y a des différences énormes entre les Universités françaises et il faut donc arrêter de parler de « l’Université » (qui est une « fiction bureaucratique »). Il faut aussi distinguer les problèmes selon les domaines (les problèmes du droit ne sont pas les problèmes des sciences, etc…). Il a également rappelé qu’il y a un gros problème de moyens (il faudrait créer un fond global avec un organe d’attribution universitaire) et que le dualisme université/grandes écoles pose de nombreux problèmes. B. Lacroix a terminé son exposé par une critique de la loi LRU, loi partielle, pleine de défauts, dissociée dès le départ des préoccupations financières: elle a élargi les missions de l’Université mais sans donner les moyens. Les réformes en cours cherchent à se débarrasser de la recherche non immédiatement vendable et a emprunté les façons de penser de l’OCDE. « Il faut sortir d’une politique qui n’est pas une politique ».

Georges Debrégeas a surtout parlé de la façon dont le gouvernement présente les réformes: urgence, réforme technique, qui élude le politique, le choix. Le CNRS, 1ère structure de recherche en Europe, est inattaquable sur le fond, sur ses résultats. Les réformes vont vers la privatisation de l’Université (fonds publics déviés vers la recherche privée (ANR, crédit impôt recherche…)). Il a ensuite soulevé les contradictions du gouvernement. 2 exemples: on affirme vouloir simplifier le fonctionnement de la recherche tout en empilant de plus en plus de structures et on affirme qu’on veut rendre les métiers de la recherche attractifs tout en créant de la précarité pour ces métiers. G. Debrégeas a terminé son exposé par une auto-critique afin de tenter d’expliquer pourquoi Sauvons la recherche a échoué ces dernières années. Il nous a également invités à nous rendre à l’Academic Pride, manifestation pour la recherche et l’Université le 27 mai (malheureusement je serai à l’étranger!).

Gaël Roustan a présenté rapidement Fac Verte et a dit que selon lui, les réformes étaient plutôt le fait d’un « pilotage à vue » que d’une volonté de réforme néolibérale. On assiste à un empilement de réformes sans vraie cohérence, sans volonté politique assumée. Il a également beaucoup insisté sur la nécessité d’améliorer l’orientation des étudiants (avant et pendant les études supérieures) et l’idée de faire de l’Université un modèle de société différente.

Daniel Goldberg est revenu sur la présentation de la réforme comme une réforme « de bon sens », « nécessaire » et les difficultés à débattre dans ces conditions. Il a également beaucoup insisté sur la confiance qu’il faut rebâtir: les familles n’ont plus confiance dans l’Université, ils cherchent à éviter à tout prix d’y mettre leurs « enfants ». Il faut en finir avec le dualisme. Le succès de l’Université par rapport aux Grandes Ecoles c’est d’y amener des gens dont les parents n’avaient pas accédé à l’Université. C’est une « connerie » de faire croire que l’espoir pour les jeunes de banlieue est d’intégrer un programme Science Po. Pour eux, l’espoir est à Paris 8 ou Paris 13 (les 2 Universités de la banlieue nord de Paris).

En tous cas cette conférence/débat était très intéressante, beaucoup d’autres choses ont été dites. La conférence devrait bientôt être disponible en vidéo sur le site http://utopiaconf.free.fr

Cedric Politique, Recherche et enseignement supérieur , , , , , ,

Un point (de vue) sur la recherche en France

12/05/2008

Cela fait un an et demi que je suis en thèse et j’ai mis pas mal de temps à comprendre l’organisation de la recherche française et les réformes en cours. J’ai cherché ces dernières semaines à trouver des sources d’informations variées sur ce sujet et je commence un peu à faire le tri! Je vais essayer de vous résumer/expliquer les enjeux du moment.

L’acteur principal de la recherche en France est le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Les particularités et les points forts du CNRS sont nombreux: structure pluridisciplinaire, de grande taille, qui dispose d’une visibilité mondiale (et qui a permis à des chercheurs français d’obtenir de grands prix: prix Nobel, prix Turing).
En 2006, le gouvernement a créé l’Agence Nationale pour la Recherche, agence de financement (contrairement au CNRS, l’ANR n’emploie pas de chercheurs) sur projets, qui s’impose rapidement comme un autre acteur majeur de la recherche. En effet, l’objectif des gouvernements de droite est de favoriser la recherche appliquée, à court terme (les projets ANR durent environ 3 ans) et en sciences dures aux dépends de la recherche fondamentale, à long terme dans tous les domaines (y compris les sciences humaines et sociales). Il suffit de lire l’interview de Valérie Pécresse dans Le journal du CNRS de mai 2008 pour s’en rendre compte: « 4 pilliers: des organismes de recherche d’excellence, (…) des universités plus autonomes, (…) une recherche sur projets dynamique, (…) une recherche privée ambitieuse ». Priorité donc à la recherche appliquée, ou si vous préférez à la recherche qui est censée rapporter de l’argent rapidement. Le gouvernement semble ignorer que « Les découvertes ne se décretent pas » et que la recherche fondamentale est souvent à la base des innovations les plus marquantes! (un exemple récent, Albert Fert, prix nobel de physique).

La tendance actuelle est donc de favoriser la recherche sur projets via l’ANR dans des laboratoires universitaires (la marge de manoeuvre des Universités devant être renforcée par la loi LRU). Notons que l’ANR n’a pas de Conseil Scientifique et que son Conseil d’Administration est principalement constitué de gens du ministère. L’ANR est, selon la majorité, basée sur ce qu’il se fait à l’étranger. Dans ce cas, elle devrait disposer d’une réelle indépendance, comme la NFS aux Etats-Unis ou la STFC au Royaume-Uni (d’ailleurs, en France, l’indépendance du scientifique par rapport au politique est un principe constitutionnel) et d’une plus grande proportion de « projets blancs » (et pas l’objectif ridicule avancé par Valérie Pécresse de 30% de projets blancs dans l’interview citée plus haut!)

Pour continuer la comparaison avec l’étranger, il y a une autre grande différence: les moyens mis dans la recherche par la puissance publique! (voir le tableau édifiant dans le texte des directeurs d’unité CNRS où l’on voit que Cambridge dispose d’un budget 2 fois plus important que Paris XI alors qu’il a moins d’étudiants! (2 fois plus de personnels!)). On ne rattrapera pas le retard pris sur les autres pays dits « développés » et on n’attirera pas les meilleurs cerveaux si on y met pas les moyens!

Pour ma part, je vais continuer à alimenter ma curiosité/réflexion avec la conférence Utopia de demain soir sur le thème: Quelles perspectives pour l’enseignement supérieur et la recherche?
Je pense que l’adhésion à l’association Sauvons La Recherche va également rapidement s’imposer!

Cedric Politique, Recherche et enseignement supérieur , , , ,