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Articles taggués ‘réforme’

Pour l’indépendance et la qualité de l’audiovisuel public

10/12/2008

On connaît le bougisme de Sarkozy et sa faculté d’annoncer quelque chose et de faire son contraire à peine quelques mois plus tard. La preuve a encore été apportée ce week end quand Le Monde revenait sur les déclarations des 3 candidats arrivés en tête à l’élection présidentielle à propos de la réforme de l’audiovisuel. Voilà ce que déclarait Nicolas Sarkozy en 2007:

Augmenter la redevance, sûrement pas. (…) En même temps, on ne peut pas être exigeant à l’égard de l’audiovisuel public et le laisser dans un état chronique de sous-financement. Je préfère qu’il y ait un peu plus de publicité sur les chaînes publiques plutôt que ces chaînes n’aient pas assez de moyens pour financer beaucoup de programmes de qualité.

L’édito politique de Thomas Legrand sur France Inter ce matin parlait de ce sujet. Juste un petit extrait de cet édito qui m’a particulièrement plu:

l’argument massue qui est de dire : « C’est moins hypocrite que de les faire nommer par le CSA » ; il est presque aussi caricatural que, par exemple celui là : « Puisque le travail précaire c’est le nouvel esclavage… ne soyons pas hypocrite, rétablissons l’esclavage ».

Face à cette réforme mal préparée et qui n’apporte pas les garanties pour qu’on garde un service public de l’audiovisuel indépendant et de qualité, signez l’appel du collectif Libre Ecran.

http://www.libre-ecran.net/

Cedric Politique , ,

A propos du Sénat

23/09/2008

Même si ça n’a pas intéressé grand monde, les élections sénatoriales avaient lieu ce week end! (Bix résume sur son blog les « résultats » de ces élections pour les Verts). Aujourd’hui, l’émission C dans l’air titrait « Peut-on supprimer le Sénat? ». Outre l’ambiguïté sémantique du terme « peut-on » (d’après un des invités de l’émission, la suppression de la chambre haute est constitutionnellement impossible), la question est intéressante. Cependant, je préfère la poser en ces termes: « Doit-on supprimer le Sénat? ».

Et à cette question, je suis tenté de répondre « non ». Je suis un peu attaché au système bicaméral, et, pour l’instant, je n’ai pas entendu d’argument valable pour la suppression du Sénat. Les lacunes de la chambre haute ne doivent pas nous faire choisir la solution de facilité. Il est utile d’avoir une chambre qui représente les collectivités et qui n’a pas forcément les mêmes positions qu’une Assemblée Nationale, y compris lorsque les 2 chambres sont de la même couleur politique! Souvenons-nous de l’opposition de certains sénateurs de droite lors du débat sur la loi sur les tests ADN.

Bien sûr, je ne me satisfais pas du fonctionnement actuel des 2 chambres: un Sénat qui sert de maison de retraite ou de planque à certains politiques et une Assemblée qui n’est pas représentative de la population de par le mode de scrutin. N’ignorons pas que le Sénat n’a jamais été « à gauche » lors de la Vème République (!!!), que nos députés ont souvent plus à gagner électoralement à défendre les intérêts de leur circonscription plutôt que l’intérêt général! Il y aurait tant de choses à changer pour rendre notre démocratie plus saine mais malheureusement, nombreux sont les individus et les organisations à avoir intérêt à ce que rien ne change trop. Plutôt que la réforme constitutionnelle contestable à laquelle on a eu droit il y a quelques mois, on peut imaginer des réformes de bon sens mais profondes pour ramener la France au niveau des autres grandes démocraties.

Le Sénat a encore un rôle à jouer pourvu qu’on lui en donne les moyens et qu’on le modernise.

Cedric Politique , , , ,

Motion de soutien à la Direction du Département SHS du CNRS

05/09/2008

J’ai décidé de signer cette motion de soutien à la direction du département SHS du CNRS. Pour comprendre ce qu’il se passe, je vous laisse le soin de lire cette motion:

Les Directeurs d’Unités SHS des délégations Provence-Corse et Nice-Sophia Antipolis étaient réunis ce lundi 1er Septembre en présence de la Directrice du Département SHS, Marie-Françoise Courel, et de trois DSA.

Nous avons appris en séance que la Présidente du CNRS venait de demander à la Directrice du Département SHS de mettre un terme à son mandat « le plus rapidement possible » dans les jours qui viennent. Nous apprenons également que tous les DSA du département SHS sauf un ont décidé, par solidarité, de démissionner de leurs fonctions.

La Direction du Département SHS élaborait jusqu’à aujourd’hui le projet de création d’un Institut National des SHS, en concertation avec la communauté. Cette création est un enjeu stratégique majeur pour les SHS et, au-delà, pour le CNRS tout entier. Décapiter la direction SHS en ce moment revient à briser ce processus et fait courir un risque majeur non seulement à ce domaine scientifique, mais également à l’établissement lui-même.

Nous sommes scandalisés par le procédé, intervenant au matin même du début de la concertation avec la communauté.

Nous demandons que la Direction actuelle du Département SHS soit maintenue dans ses fonctions de façon à conduire le processus de création de l’Institut jusqu’à son terme et dans la concertation, comme cela avait été engagé.

Pour signer cette motion (non ce n’est pas une motion de congrès!), ça se passe ici: http://autonomie-recherche.org/shscnrs/index.php

Cedric Recherche et enseignement supérieur , , , ,

Une réforme des institutions bien peu audacieuse…

21/07/2008

Encore une fois, l’éléphant accouche d’une souris… Après le Grenelle de l’environnement, la réforme des institutions voulue par Nicolas Sarkozy ne va pas bien loin…

Pire: elle va dans le mauvais sens! La seule mesure retenue par les grands médias est la possibilité pour le Président de venir s’exprimer devant l’Assemblée Nationale, soit une augmentation des pouvoirs du Président et la disparition de fait du Premier Ministre… Je ne suis pas contre le fait que le Président vienne s’exprimer devant le parlement mais celà doit s’accompagner d’une augmentation significative des pouvoirs et de la représentativité du parlement! Sinon, cette mesure se résume une nouvelle fois à la mise en valeur de son altesse Nicolas Sarkozy (à ce propos, j’ai vu au zapping que le 14 juillet un « journaliste » avait appelé Carla Sarkozy « Madame la Présidente » (mince, il y a eu des élections pendant mes séjours à l’étranger??!!)). Après tout, personne n’est dupe: c’est bien le Président de la République qui prend les décisions, qu’il aille les défendre devant les parlementaires ne me choque pas. Ce qui me choque c’est l’hypocrisie qui fait qu’on garde un Premier Ministre qui ne sert pas à grand chose (à part de fusible quand les choses vont mal…).
Un parlement indépendant, c’est un parlement qui ne subit pas de pressions de la part de l’exécutif. Un parlement qui peut faire son travail de législateur sans avoir peur de subir le courroux de l’exécutif. Un parlement qui propose lui même certaines lois. Un parlement représentatif, c’est un Sénat qui peut changer de majorité en moins de 10 ans et surtout une Assemblée Nationale élue en partie à la proportionnelle! Un parlement qui respecte un minimum la parité homme/femme et la diversité des citoyens de ce pays.

Et, qu’en est-il du droit de vote des étrangers aux élections locales? Je me souviens d’un Nicolas Sarkozy en campagne qui avait surpris tout le monde en se disant favorable à une telle réforme!

Rien non plus sur le cumul des mandats! (il faut dire que ça donnerait des boutons à une grande partie des députés de la majorité et à beaucoup de députés PS… autant mettre la réforme à la poubelle tout de suite!).

Bref, cette réforme n’apporte pas de grand changement et risque, comme le souligne Marianne, d’apporter à Nicolas Sarkozy une occasion de plus de donner l’impression d’avoir réussi un exploit en obtenant cette réforme.

Cedric Général, Politique , , , ,

Mobilisation demain matin pour la défense du CNRS

30/06/2008

Communiqué intersyndical, du 29 juin 2007

Les organisations soussignées jugent que le contenu du projet de loi « portant organisation d’une nouvelle université » n’est pas acceptable, en dépit du retrait par le gouvernement de l’article de la loi sur la sélection en master sous la pression.

Ce texte institue une autonomie concurrentielle des universités et ouvre la porte à leur développement inégalitaire favorisé par la course aux financements et par le désengagement de l’Etat. Il met à mal les métiers des personnels, à commencer par ceux des enseignants-chercheurs, des chercheurs, et leurs conditions de recrutement. Il déroge gravement au statut de la fonction publique en autorisant les présidents d’université à recruter des personnels contractuels pour remplir des missions pérennes de service public, notamment pour des emplois techniques et administratifs. Il ne répond pas aux besoins de la société en matière d’enseignement supérieur et de recherche.

Les organisations soussignées dénoncent le refus du gouvernement, en dépit des promesses électorales d’engager un collectif budgétaire pour améliorer, dès la rentrée, les conditions d’études et de vie des étudiants, la situation des universités, de la recherche publique, de leurs personnels. Si ce collectif n’était pas voté cet été par le Parlement, elles prendraient toutes leurs responsabilités pour exiger ces moyens.

Pour toutes ces raisons, pour protester contre le vote en urgence du plan stratégique et exiger que la nouvelle organisation du CNRS soit largement débattue à l’automne 2008. Les organisations soussignées appellent les personnels à rester vigilants et à se rassembler

le mardi 1er juillet, à 9h30, au siège du CNRS et devant les délégations en régions

Dans la semaine du 2 au 6 Juillet, elles appellent les personnels et les étudiants à amplifier les actions d’interpellation du gouvernement et des parlementaires autour de ces exigences. Elles demandent au gouvernement et aux parlementaires d’entendre les exigences de la communauté universitaire mobilisée à l’occasion des Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Elles appellent à des rassemblements dans les établissements et en régions.

Paris, le 29 juin 2007

FSU : SNESUP, SNASUB, SNCS, SNEP
UNSA : SUP’Recherche, SNPTES, A&I
CFTC : Inra
CGT : FERC-Sup, SNTRS
UNEF

Cedric Politique, Recherche et enseignement supérieur , , ,

Conférence Utopia: Quelles perspectives pour l’enseignement supérieur et la recherche?

20/05/2008
Je suis allé la semaine dernière à la conférence d’Utopia sur l’enseignement supérieur et la recherche. Le conférencier était Bernard Lacroix, sociologue. Les discutants étaient Georges Debrégeas de l’association Sauvons la recherche, Gaël Roustan de Fac Verte et Daniel Goldberg, député PS. En voici un petit compte rendu:

Bernard Lacroix a parlé de la crise actuelle du monde universitaire et de ses conséquences: clivage générationnel, attitude hyper-individualiste, tensions autour du recrutement… Avec la loi LRU, « le gouvernement a tiré le premier ». Il y a des différences énormes entre les Universités françaises et il faut donc arrêter de parler de « l’Université » (qui est une « fiction bureaucratique »). Il faut aussi distinguer les problèmes selon les domaines (les problèmes du droit ne sont pas les problèmes des sciences, etc…). Il a également rappelé qu’il y a un gros problème de moyens (il faudrait créer un fond global avec un organe d’attribution universitaire) et que le dualisme université/grandes écoles pose de nombreux problèmes. B. Lacroix a terminé son exposé par une critique de la loi LRU, loi partielle, pleine de défauts, dissociée dès le départ des préoccupations financières: elle a élargi les missions de l’Université mais sans donner les moyens. Les réformes en cours cherchent à se débarrasser de la recherche non immédiatement vendable et a emprunté les façons de penser de l’OCDE. « Il faut sortir d’une politique qui n’est pas une politique ».

Georges Debrégeas a surtout parlé de la façon dont le gouvernement présente les réformes: urgence, réforme technique, qui élude le politique, le choix. Le CNRS, 1ère structure de recherche en Europe, est inattaquable sur le fond, sur ses résultats. Les réformes vont vers la privatisation de l’Université (fonds publics déviés vers la recherche privée (ANR, crédit impôt recherche…)). Il a ensuite soulevé les contradictions du gouvernement. 2 exemples: on affirme vouloir simplifier le fonctionnement de la recherche tout en empilant de plus en plus de structures et on affirme qu’on veut rendre les métiers de la recherche attractifs tout en créant de la précarité pour ces métiers. G. Debrégeas a terminé son exposé par une auto-critique afin de tenter d’expliquer pourquoi Sauvons la recherche a échoué ces dernières années. Il nous a également invités à nous rendre à l’Academic Pride, manifestation pour la recherche et l’Université le 27 mai (malheureusement je serai à l’étranger!).

Gaël Roustan a présenté rapidement Fac Verte et a dit que selon lui, les réformes étaient plutôt le fait d’un « pilotage à vue » que d’une volonté de réforme néolibérale. On assiste à un empilement de réformes sans vraie cohérence, sans volonté politique assumée. Il a également beaucoup insisté sur la nécessité d’améliorer l’orientation des étudiants (avant et pendant les études supérieures) et l’idée de faire de l’Université un modèle de société différente.

Daniel Goldberg est revenu sur la présentation de la réforme comme une réforme « de bon sens », « nécessaire » et les difficultés à débattre dans ces conditions. Il a également beaucoup insisté sur la confiance qu’il faut rebâtir: les familles n’ont plus confiance dans l’Université, ils cherchent à éviter à tout prix d’y mettre leurs « enfants ». Il faut en finir avec le dualisme. Le succès de l’Université par rapport aux Grandes Ecoles c’est d’y amener des gens dont les parents n’avaient pas accédé à l’Université. C’est une « connerie » de faire croire que l’espoir pour les jeunes de banlieue est d’intégrer un programme Science Po. Pour eux, l’espoir est à Paris 8 ou Paris 13 (les 2 Universités de la banlieue nord de Paris).

En tous cas cette conférence/débat était très intéressante, beaucoup d’autres choses ont été dites. La conférence devrait bientôt être disponible en vidéo sur le site http://utopiaconf.free.fr

Cedric Politique, Recherche et enseignement supérieur , , , , , ,