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Articles taggués ‘liberté’

Fourre-tout HADOPI

10/03/2009

A l’approche des débats à l’Assemblée Nationale sur le projet de loi HADOPI, le web français s’emballe:

  • l’outil que je privilégie pour m’informer sur le sujet est twitter, notamment grâce au « hashtag »  #hadopi (tout de même encore bien aidé par mon lecteur rss et facebook);
  • le black-out continue;
  • un communiqué de l’APRIL qui nous explique pourquoi HADOPI ne rime pas avec logiciels libres;
  • http://www.cinqgusdansungarage.org/ est la réponse des internautes opposés à HADOPI au cabinet de la ministre qui aurait déclaré à propos de la Quadrature du Net: « Ce sont cinq gus dans un garage qui font des mails à la chaîne »
  • Le réseau des pirates nous propose de faire notre « coming out » et de déclarer que nous sommes tous des pirates! Marrant, j’ai vu Harvey Milk hier et ça m’y a tout de suite fait penser (pour comprendre, allez voir le film!);
  • Pour finir, le communiqué d’Europe Ecologie et de Dany Cohn-Bendit (qui rappelons-le, avait été l’un des 2 députés européens à l’origine de l’amendement 138)

Espérons que le combat sera rude à l’Assemblée et que les députés choisiront l’intérêt général plutôt que les intérêts de quelques majors du disque et de l’industrie du cinéma! (bah quoi, on peut rêver?!)

Cedric Politique , , ,

Facebook et notre vie privée

19/02/2009

(Crédits photo: magerleagues, flickr, creative commons)

Je vous parlais il y a quelques jours des assises Liberté, création et internet organisées par le collectif Libre accès. Il y était surtout question de la loi HADOPI et de ses cousines (paquet télécom, etc…). Cependant, le gouvernement n’est pas le seul à remettre en question nos droits et libertés sur internet puisque le désormais très célèbre et très fréquenté réseau social facebook a changé ses conditions d’utilisation le 4 février (sources: 1, 2). En gros, voilà ce que disaient les nouvelles conditions d’utilisation:

« vous accordez à Facebook le droit irrévocable, perpétuel, non-exclusif, transférable, transférable et mondiale (avec l’autorisation d’accorder une sous-licence) d’utiliser, copier, publier, diffuser, stocker, exécuter, transmettre, scanner, modifier, éditer, traduire, adapter, redistribuer n’importe quel contenu déposé sur le site ».

Lorsqu’on m’a parlé de ça la première fois, j’ai eu du mal à le croire. En premier lieu, ces conditions d’utilisation étaient hallucinantes en terme d’atteinte à la vie privée mais je me suis également vite demandé comment pouvaient-ils changer leurs conditions d’utilisation sans les re-soumettre à signature? En nous inscrivant sur le site, nous avons accepté les conditions d’utilisation existantes à cet instant t mais nous n’avons pas donné un blanc seing à facebook pour en faire ce qu’il voulait! Peut-être que l’un de vous peut m’éclairer sur cette question?

Bien sûr, je n’étais pas le premier à être scandalisé et la « cyber-révolte » ne s’est pas fait attendre. La mobilisation sur le web contre cette atteinte manifeste à la vie privée fut très vive à tel point que facebook a rapidement fait marche arrière (lire l’article paru sur écrans) « le temps pour nous de régler les questions posées par nos utilisateurs« .

De mon point de vue, cette histoire nous apprend (au moins) 2 choses:

  • Avec les nouveaux outils (blogs, réseaux sociaux, …), les internautes ont un pouvoir de mobilisation puissant et rapide et les entreprises du web sont sensibles à de telles mobilisations. Leur réussite dépend en grande partie de la confiance que nous leur portons. Sachons nous en servir.
  • A l’avenir, il faudra être vigilants sur facebook, outil génial mais qui peut rapidement se transformer en « monstre ». Ils détiennent énormément d’informations et l’utilisation qu’ils font de ces informations doit être contrôlée. Surtout, le retour en arriève doit être possible: toute personne souhaitant effacer ses traces sur facebook doit pouvoir le faire. En premier lieu, la désinscription totale au site doit être possible et simple à mettre en oeuvre!

Enfin, pour ne pas faire de jaloux, je veux rappeler que facebook n’est pas le seul danger du web à l’heure actuelle. J’ai entendu la semaine dernière dans l’émission de Place de la toile une chronique sur une nouvelle application mobile de google qui nous propose de partager notre position géographique avec tous nos « amis ». Intéressant… mais souhaitons nous qu’une entreprise connaisse tous nos déplacements? tous nos faits et gestes? (l’objectif à terme de google étant bien sûr d’envoyer de la pub géolocalisée et en temps réél!) Que se passe t’il si un régime autoritaire met la main sur un tel outil?

Pour apprendre à protéger votre vie privée et vos libertés sur internet, je vous conseille le site de la CNIL: http://www.cnil.fr/

Edité à 22h00: voir également l’interview d’Alex Türk, président de la CNIL, qui se dit « inquiet, affolé même » à propos de facebook.

Cedric (Un peu) geek , , , ,

C’est dur d’être aimé par des cons

10/10/2008

Il y a presque 2 semaines je suis allé voir C’est dur d’être aimé par des cons mais je n’avais pas encore trouvé le temps d’écrire un billet à propos du film. Il fallait que ce soit réparé avant que le film ne disparaisse des salles!

Ce film documentaire retrace l’histoire de ce qui est désormais appelé « l’affaire des caricatures de Mahomet » et plus particulièrement le procès du journal Charlie Hebdo. Je ne suis pas de ceux qui ont suivi de près cette affaire à l’époque (même si elle m’intéressait et que l’enjeu me semblait capital) et je trouve que ce film remplit bien son rôle de mémoire. Un tel documentaire était nécessaire pour qu’on se souvienne qu’en France, la liberté d’expression a été menacée. Pour qu’on se souvienne aussi de la relative « unité nationale » de la classe politique sur cette affaire (même si Ségolène Royal avait été bien discrète et timide… pauvre PS!). Le film montre aussi (au passage) le principal risque auquel peut-être confrontée la presse lorsqu’elle appartient à des grands industriels qui ont des intérêts divers et variés à défendre: la censure.

Foncez le voir si vous le pouvez encore! (malheureusement, j’ai l’impression que le film n’est pas projeté dans un grand nombre de salles). Et bien sûr, une fois que vous l’avez vu, j’attends vos commentaires ici.

Cedric Loisirs , , , , , ,

« Liberté » ou Santé?

06/08/2008

Je vous invite à lire cet article sur Rue89 où il question de « priver les pauvres de fast food ». En effet, l’article nous dit que « Le conseil municipal de Los Angeles a adopté une réglementation interdisant l’ouverture de tout nouveau fast food sur une zone de 80 km2, dans laquelle vivent quelque 500 000 pauvres. »

Cette décision soulève d’importantes questions. D’abord sur la liberté individuelle: peut-on interdire à des adultes de se nourrir comme ils le souhaitent? Tout d’abord, il ne s’agit pas d’interdire puisque les fast food existants dans la zone ne sont pas touchés! Au contraire, cette mesure devrait permettre de favoriser l’implantation dans ces quartiers d’autres restaurants/épiceries et de donner le choix aux habitants de ces quartiers! Que les défenseurs de la liberté se rassurrent! (mais on parle ici de liberté pour les humains, pas pour les entreprises, c’est peut-être ça qui cloche!). Quand il s’agit de réduire les libertés individuelles pour garantir la sécurité des citoyens, celà ne semble pas poser de problème alors pourquoi celà devrait poser problème quand il s’agit de garantir la santé des citoyens?

Une autre question soulevée, liée à la première, est: est-ce que les pouvoirs publics doivent intervenir et pourquoi? Un commentaire sur Rue89 disait: « L’obésité est un problème: soit! Mais c’est surtout un problème personnel, non? ». A cette question, glaurent répond: « Si vous êtes obèse par consommation de fast/junk food, vous financez une industrie polluante, vous occupez des médecins qui auraient mieux à faire et consommez plus de médicaments et êtes plus souvent malade. Bref, vous pesez plus lourd sur la société en plus de la balance. »

Je suis tout à fait d’accord avec ça: la malbouffe provoque plus de cancers et de décès chaque année que la cigarette. Dans ces conditions, les pouvoirs publics peuvent (et doivent!) utiliser des mesures incitatives pour essayer de faire pencher la balance.

Malheureusement, le vrai problème reste économique: un pauvre consommera toujours ce qui coûte le moins cher car il n’a pas le choix. De plus, lorsqu’on jongle entre plusieurs jobs sans arriver à joindre les 2 bouts, on n’a pas vraiment le temps ni l’envie de préparer à manger en rentrant à la maison.

Cedric Général , ,

EDVIGE is watching you

11/07/2008

pour obtenir l’abandon du fichier EDVIGE

instituant
le fichage systématique et généralisé, dès l’âge de 13 ans, par la
police des délinquants hypothétiques et des militants syndicaux,
politiques, associatifs et religieux

Sans débat public préalable, le gouvernement, par un décret publié au Journal officiel du 1er juillet 2008, a considérablement accru les capacités de fichage de nos concitoyens. Ce fichage sera assuré, à l’avenir, par la Direction centrale de la sécurité publique (fusion des Renseignements Généraux et de la DST).

A cette fin, un nouveau fichier policier sera mis en place sous le nom d’EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale). Il recensera, de manière systématique et généralisée, toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées.

En outre, ce fichage vise à permettre la collecte de renseignements identitaires sur les « suspects » (personne mais également groupe) simplement considérés, par la police, comme susceptibles, à l’avenir et de manière totalement hypothétique, de porter atteinte à « l’ordre public ».

Il permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que :

état civil, photographie mais aussi fréquentations, comportement, déplacements, appartenance ethnique, vie sexuelle, opinions politiques, philosophiques, religieuses, appartenances syndicales et associatives …

La police sera autorisée à consulter ce fichier en cas d’enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois.

Les mineurs ne seront pas épargnés puisque fait sans précédent dans notre République et particulièrement choquant, leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans et cela sans qu’aucune infraction n’ait été commise et sur la seule base de leur dangerosité présumée.

Cette initiative gouvernementale, porteuse à l’évidence de nombreuses dérives, s’inscrit résolument dans le cadre de la mise en place d’une politique sécuritaire ouvertement revendiquée.

Le gouvernement est passé outre aux réserves émises par la Commission nationale Informatique et Libertés concernant ce fichier qui, dès sa parution, a suscité les plus vives réprobations de multiples organisations associatives, syndicales et politiques.

C’est pourquoi les organisations et les personnes signataires de cet appel :

  • exigent le retrait du décret autorisant la mise en place du fichier EDVIGE qui institue un niveau de Surveillance des citoyens totalement disproportionné et incompatible avec une conception digne de ce nom de l’état de droit,
  • sollicitent le soutien et la signature de tous nos concitoyens et de toutes les organisations attachées aux libertés publiques, au respect de la vie privée et des droits de l’enfant,
  • s’engagent à se constituer, dès le mois de septembre 2008, sous forme de Collectif afin de prendre toute initiative utile visant à obtenir des pouvoirs publics qu’ils renoncent à la mise en place du fichier EDVIGE.

« Quiconque est prêt à sacrifier sa liberté pour un peu de sécurité
provisoire ne mérite ni l’une ni l’autre et finira par perdre les deux »

(Thomas Jefferson)

Cedric Politique , , ,


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