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Europe Ecologie: retour sur une campagne web réussie!

24/08/2009

Voici un article à propos de la campagne web d’Europe Ecologie (paru dans le bulletin numéro 3 de Rassembler les écologistes, changer les Verts, journées d’été 2009).

Le sondage IFOP du 18 juin a montré que lors des élections européennes de juin dernier, internet a été la première source d’information des électeurs. La campagne de Barack Obama avait déjà montré le potentiel de l’utilisation d’internet dans les campagnes électorales. La « web-campagne » d’Europe Ecologie a été reconnue par les observateurs (presse, blogueurs, …) comme la plus créatrice et réussie des élections européennes. Retour sur une campagne qui a fait du bruit.

Avant même le début de la campagne, Frédéric Neau, en charge de la campagne internet d’Europe Ecologie, a mobilisé autour de lui les écologeeks, équipe de militants passionnés du net qui avaient des missions variées : tests des premières versions du site, « récolte » de signatures du manifeste, « buzz » des articles, vidéos et autres communications de la campagne sur divers supports, veille sur la campagne et commentaires sur les sites d’information, blogs et réseaux sociaux (aussi bien pour répondre aux détracteurs de la campagne (journalistes ou militants d’autres partis) que pour « polliniser » le projet d’Europe Ecologie).

La réussite de cette campagne sur la toile est dûe en premier lieu à la variété des supports de communication utilisés : des vidéos qui ont marqué les esprits (le lip dub, « une journée avec Lambert Wilson », …), une présence importante des militants mais aussi des candidats sur les réseaux sociaux (facebook, twitter, …), le site écolobulles (avec la participation d’auteurs de bande dessinée), les playlists deezer et jamendo, les actions sur second life, le skyblog, … Enfin, un site internet central agrégeait ces différents supports. Cette pluralité de supports a permis de toucher une plus grande variété de publics. Elle s’explique par la liberté laissée aux écologeeks par l’équipe de campagne : chaque initiative était encouragée et chacun pouvait apporter sa pierre à la campagne selon ses envies et ses compétences.

En plus de l’utilisation classique d’un site internet de « parti » (communication vers l’extérieur par le biais d’articles, de communiqués, etc), la force de la « web campagne » d’Europe Ecologie aura été d’utiliser le site aussi bien comme un support pour les débats entre signataires que comme un outil de mobilisation et d’organisation des militants.

Les débats ont été permis et encouragés très tôt dans la campagne. Avant la convention du 15 mars, chaque signataire pouvait répondre sur le site à la consultation sur le projet. En parallèle, chacun pouvait créer un groupe thématique sur le réseau social du site pour débattre d’un sujet particulier.

Dès le début de la campagne, le site d’Europe Ecologie a été un outil de mobilisation crucial. Le manifeste a été signé par plus de 15000 personnes dont la plupart ont signé sur le site. Ces signataires ont ensuite pu s’impliquer dans la campagne en rejoignant des groupes locaux sur le réseau social puis organiser ou participer à des réunions publiques ou à des tractages près de chez eux. Comme dans la campagne Obama, le site a été un outil permettant de mobiliser les militants sur « le terrain ».

Bien sûr, cette web-campagne n’est pas la seule cause du succès d’Europe Ecologie mais elle a permis de toucher une partie de la population qui est de moins en moins touchée par les médias traditionnels. En outre, des vidéos ou des actions buzz ont été reprises dans divers médias (presse écrite, télés). Insistons sur le fait qu’une web campagne n’est pas incompatible avec une campagne de terrain mais permet de la compléter ou de l’amplifier. D’ailleurs, certains des écologeeks sont aussi des militants très actifs sur le terrain.

Aujourd’hui, les principaux partis politiques ont compris l’importance d’une forte présence militante sur internet. L’UMP annonçait dernièrement (Libération, 31 juillet 2009) le lancement d’un nouveau site pour préparer la présidentielle de 2012. Le MoDem a mis en place un groupe de travail pour réfléchir à sa stratégie web. Le site d’Europe Ecologie et l’équipe des écologeeks nous donne une longueur d’avance en la matière. Sachons en tirer parti et aller plus loin dans l’organisation militante et la communication sur internet.

Mise en valeur des militants sur le site, optimisation de la veille collective, présence accrue sur les réseaux sociaux, meilleure utilisation du réseau du site pour mobiliser les militants, formation de nouveaux écologeeks, mise en place d’un groupe de « web-stratèges » sur le long terme: ce ne sont que quelques unes des pistes à explorer pour continuer à utiliser au mieux ce formidable outil qu’est internet.

Cedric (Un peu) geek , , , , , ,

Que faire? (Daniel Cohn-Bendit)

26/04/2009

Que faire? (Petit traité d’imagination politique à l’usage des Européens) est le dernier livre de Dany Cohn-Bendit. Il présente les principales idées de Dany Cohn-Bendit sur l’Europe et sur les solutions qu’elle pourrait apporter aux différentes crises (économique, écologique, …).

Le livre est plutôt intéressant, même s’il réserve relativement peu de surprises au militant écologiste. Quelques passages, qui traitent de sujets chers à Dany Cohn-Bendit comme le multiculturalisme ou les institutions européennes par exemple, sont passionants. Pour ma part, j’ai vraiment apprécié le chapitre sur la « société pollen » (théorisée par l’économiste Yann Moulier-Boutang). Sur cette question, je vous renvoie vers cet extrait du livre et aux livres de Yann Moulier-Boutang (je vais me procurer Le capitalisme cognitif et consacrer un billet à la société pollen quand je le pourrai!).

Pour aller plus loin, un blog du livre a été créé (mais malheureusement, il y a très peu de contenu). On préférera donc le twitter de Dany et le site d’Europe Ecologie.

Cedric Lectures , , , , , ,

Non, le Green Deal n’est pas la croissance verte

12/01/2009

Je vous invite à écouter cette très bonne interview du député écolo belge Jean-Marc Nollet à propos de son livre Le Green Deal

Ce qui est intéressant, c’est que l’interview montre que cette approche n’est pas l’approche des partis tradtionnels, l’approche « croissance verte »

Quelques morceaux choisis pour tenter de vous le prouver (et au passage de souligner la pédagogie et la faculté à mettre des mots simples sur des idées qui semblent, en France, difficiles à expliquer au grand public):

  • « le PIB (…) ne doit pas être, en ce qui concerne le Green Deal, le référentiel en terme d’évaluation »
  • « On doit aussi regarder la qualité (…) et pas seulement la quantité »
  • « derrière le Green Deal, il y a un autre modèle économique, où on remet le marché à sa place »

Cedric Ecologie, Europe , , , , ,

Lancement d’Europe Ecologie: premiers mensonges médiatiques

23/10/2008

Après le manifeste, le rassemblement des écologistes pour les élections européennes est officiellement né le 20 octobre avec un site web et une conférence de presse.

Le site web est plutôt pas mal, sous forme de réseau social/blog collectif et j’espère qu’il sera vite enrichi pour faciliter la constitution des comités locaux (grâce à la possibilité de contacter tous les signataires dans une zone géographique par exemple) et un outil permettant de créer des blogs pour ces comités locaux qui aient tous la même charte graphique. Déjà près de 1500 signataires! Rejoignez-nous vite: vous pouvez signer (rester anonyme est bien sûr possible) et/ou adhérer pour soutenir financièrement la campagne!

Les retours presse sont déjà énervants avec de nombreuses coquilles, inexactitudes voire des mensonges! Quelques exemples: j’ai lu sur le site web de TF1: « les écologistes créent un nouveau parti politique », ce qui est faux (ou alors, on nous a menti et il va falloir exclure un grand nombre de Verts (et pas des moindres) pour double appartenance!). Le « compte rendu » de Sylvia Zappi qui ne s’est (paraît-il) même pas donné la peine de se déplacer pour assister à la conférence de presse (peut-être parce qu’elle savait ce qu’elle écrirait). Elle « cite » Dany Cohn-Bendit qui promettrait aux Verts « des larmes et des pleurs » mais plusieurs personnes présentes à la conférence m’ont affirmé que cette phrase n’avait pas été prononcée! (et le pire c’est que l’expression est reprise en titre de l’article!). Chacun pourra vérifier lorsque la vidéo de l’intégralité de la conférence de presse sera disponible en ligne. Notons qu’il y a aussi des articles plus « neutres ». Par exemple, un autre article du Monde: Daniel Cohn-Bendit veut un green new deal

La blogosphère verte n’est pas en reste et le lancement d’Europe Ecologie est accueilli avec enthousiasme (Bix, Vert chez moi, Brest OuVert, Jean-Marc Brûlé, Catherine Candelier, Arlette Zilberg, Pascale Loget, …).

Il y a une volonté d’utiliser les possibilités du web actuel, (ce qui n’est pas pour me déplaire!): un groupe sur facebook, des vidéos sur dailymotion, un compte FlickR et même un twitter pour Yannick Jadot.

http://www.europeecologie.fr

Cedric Ecologie, Europe, Politique , , , , , , , ,

La palme du rassemblement est attribuée à…

09/10/2008

A l’heure où le rassemblement des écologistes a le vent en poupe (et c’est tant mieux!), chacun se réclame du rassemblement. Ce qui compte pour ce congrès, c’est de montrer qu’on a été le premier à appeler au rassemblement ou qu’on a été meilleur rassembleur que son voisin. Les commentaires de mon analyse des contributions et certains mails sur la liste de discussion AlphaVert le montrent bien. Pour essayer de lever le trouble ou en tous cas vous donner mon opinion, une petite analyse s’impose.

Il y a ceux qui cherchent à « rappeler » ou à démontrer qu’ils ont été « les premiers » à appeler au rassemblement. Ceux là sont nombreux! Par exemple, il y a les signataires de la motion Pour des Verts Utiles au précédent congrès qui prônait effectivement le rassemblement de tous les écologistes:

L’état actuel de la représentation écologiste en politique exige un nouveau « rassemblement de tous les écologistes ». Les sympathisants de Rahbi, Latouche ou Bové, ceux de Hulot, Lepage, Arthus-Bertrand, de Silence !, L’écologiste, La Décroissance, etc., ont un socle commun, qui pourrait leur permettre de s’allier durablement.

Parmi eux, il y a également Yves Cochet qui a, en faisant semblant de ne pas vouloir le faire, orienté son intervention à Toulouse sur « c’est moi qui l’ai dit qu’il fallait rassembler et pas les autres qui sont des vilains copieurs! ».

Le problème, c’est qu’avoir appellé au rassemblement « depuis toujours » ne suffit pas!

D’autres diront que c’est Cécile Duflot qui a fait tout ce qu’il fallait et qui a permis le rassemblement des écologistes « pour de vrai ». Je ne nie pas qu’elle ait eu un rôle, ne serait-ce que par sa fonction, pour faire réussir ce rassemblement et c’est tout à son honneur. Elle a très bien su sentir que ce rassemblement était nécessaire et le rendre possible. C’est d’ailleurs pour cette raison que je pense que ce congrès doit être un énième congrès de divisions où on cherche à devenir calife à la place du calife. Cependant, elle n’a pas été l’initiatrice, le déclencheur de ce rassemblement.

En réalité, il a fallu la combinaison de plusieurs facteurs pour réussir et concrétiser le rassemblement:

  • Appeler au rassemblement au bon moment pour avoir un soutien à la fois en interne et en externe;
  • Personnaliser ce rassemblement pour délimiter son « périmètre » (en ce sens, le choix de Bové et d’Hulot était judicieux);
  • Avoir un relais dans les médias (Dany Cohn-Bendit a très bien joué ce rôle);
  • Susciter l’intérêt chez les associatifs sans les faire fuir, en « avançant en marchant » comme le disait François de Rugy aux journées d’été;
  • Avoir la capacité d’organiser le rassemblement, de discuter en acceptant les différences de point de vue.

Pour ma part, je me souviens de ce qu’il s’est passé ces derniers mois. On peut encore trouver (ici) l’appel au rassemblement initié par des militants verts en avril 2008 et (ici et ) ce qu’il s’est passé à Toulouse. Je suis persuadé que c’est cet appel et le travail qui a été effectué par la suite par ses initiateurs (les contacts avec les associatifs, l’organisation du débat « off » du jeudi à Toulouse, …) qui a enclenché le processus. Bien évidemment, sans le vote du CNIR et sans la volonté de Cécile Duflot d’aller dans ce sens, ça n’aurait pas été possible: le mérite est partagé.

En politique, il ne suffit pas d’avoir raison avant les autres (Les Verts sont bien placés pour le savoir!), il faut avoir la bonne « intuition » au bon moment et avoir les capacités de mettre en oeuvre ses idées. Pour moi, Guillaume Fillon, Bernard Jomier et Dan Lert ont su avoir l’opportunisme dont parlait Dany Cohn-Bendit aux journées d’été (au bon sens du terme: « comme en foot ») en lançant leur appel au rassemblement des écologistes au bon moment et en recueillant un nombre de signatures suffisant pour permettre à cette idée de germer. D’autres auraient tué cette idée dans l’oeuf, par excès de prudence ou en voulant aller trop vite, eux l’ont fait. Je ne vois pas pourquoi je ne leur ferais plus confiance pour la réalisation de ce projet.

Cedric Les Verts , , ,

Campagne des européennes: où en sommes-nous?

30/09/2008

Chez les Verts, la campagne interne bat son plein (et on est pour l’instant bien loin de l’image qu’on peut avoir des Verts si on se base uniquement sur ce que racontent les médias) mais il ne faut oublier les élections de l’année prochaine, selon moi très importantes pour l’avenir des Verts car elles peuvent enclencher une nouvelle dynamique, à la fois en terme de score et en terme de place de l’écologie politique dans le paysage politique en France.

Je me pose pas mal de questions sur l’organisation de la campagne qui semble un peu mise de côté ces derniers temps (même si je ne doute pas que le comité d’organisation (je ne sais plus son nom exact) y travaille). L’idée des Comités locaux est très réjouissante mais ces comités demanderont du temps et de l’énergie. Comment vont-ils se mettre en place? Est-ce que quelque chose a été décidé sur leur organisation? Quel sera le nom des listes?

Je pense qu’en plus de la campagne de terrain qui s’appuiera sur ces comités composés de militants verts surmotivés et sur d’autres militants issus des milieux associatifs (qui ont aussi une culture assez forte du militantisme de terrain), il faut essayer de faire une campagne innovante sur le web. Il faudrait vite mettre en place une équipe « communication web » qui créerait un modèle pour le site de campagne qui pourrait être décliné pour tous les comités locaux. Il faudra aussi savoir utiliser les réseaux sociaux comme twitter ou facebook. En quelques sortes, il faut moderniser et professionnaliser la communication de la campagne (2 gros mots en une phrase, c’est de la provocation!!!). A titre d’exemple, je trouve que le site de campagne pour le congrès de Reims de Martine Aubry est efficace et bien fait: http://www.changeragauche.net/ (et ceux des autres candidats sont du même acabit): possibilité de créer un blog de soutien, etc…

Il faut à mon avis commencer dès aujourd’hui par une veille active: regarder ce qui est fait par l’équipe d’Obama , par les motions au PS (revoir aussi ce qui a été fait avec Désirs d’avenir), les comités du non, le MoDem et les autres! Il faudra ensuite voir ce qui est positif (mais aussi ce qui est négatif) dans ces initiatives et ce dont on peut s’inspirer. Il ne s’agit pas de reproduire à l’identique mais plutôt de reprendre l’avance que les Verts pouvaient avoir il y a quelques années au niveau des nouvelles technologies. Nous ne manquons pas de talents, sachons les mettre à profit!

Cedric Les Verts , , , ,

Je signe la motion « Rassembler les écologistes, Changer les Verts » pour le congrès de Lille

22/09/2008

J’ai déjà donné ici et mon point de vue sur le rassemblement des écologistes en cours pour les élections européennes et ses suites éventuelles. En cohérence avec cet optimisme et cette volonté d’aller de l’avant et de placer ce rassemblement des écologistes au centre d’une « refondation » de l’écologie politique, j’ai signé la contribution Rassembler les écologistes, Changer les Verts! pour notre prochain congrès (qui aura lieu à Lille le 6 décembre prochain). Je pense qu’on ne doit pas faire un congrès de division pour ne pas mettre en péril le rassemblement. Par contre, on ne peut pas espérer que le rassemblement se fasse dans de bonnes conditions et aille plus loin sans que ses initiateurs et ceux qui y ont cru et participé dès le début ne soient présents dans l’équipe dirigeante du parti.

J’applique en interne le même raisonnement qu’en externe: on ne fera pas d’écologie sans les écologistes et on ne fera pas de rassemblement sans les rassembleurs!

Ci-dessous le texte de la motion:

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Rassembler les écologistes, Changer les Verts !

http://www.rassemblerlesecologistes.eu/

« L’écologie est incompatible avec le libéralisme de droite et le libéralisme de gauche, avec l’étatisme de droite et l’étatisme de gauche». Dany Cohn-Bendit

« Il ne faut plus dissocier les mots Ecologie, Social et Droits de l’Homme. Tout cela est en train de se combiner ». Nicolas Hulot

« C’est la beauté du compromis comme le disait Gandhi ». José Bové

Rassembler les écologistes.

Nous voici au temps du congrès, à l’heure du choix collectif de notre avenir. Cet avenir était jusqu’à peu fait de doutes et d’incertitudes. L’appel au rassemblement des écologistes que nous avons lancé courant mai a changé la donne. Nous sommes désormais davantage audibles. Mais il nous faut  répondre à plusieurs impératifs tout en préservant l’unité du mouvement.

Dans notre pays, l’environnement est dégradé, le social est méprisé et les libertés publiques sont menacées par les choix du clan présidentiel. A nous d’apporter des réponses pour l’avenir, d’expliquer ce que représente la décroissance solidaire, mais également de montrer que nous nous préoccupons aussi du quotidien, du budget à boucler, de la famille à éduquer, du travail à trouver ou préserver. Les Verts doivent devenir le parti des solutions concrètes et de l’imagination.

Nous pouvons y parvenir car les Verts aujourd’hui sont porteurs d’espoir. Si depuis dix ans, nous avons échoué à transformer notre capital sympathie en adhésion, notre analyse s’est désormais répandue dans la société. Avec une nouvelle ambition pour l’écologie portée par l’initiative de Dany et la clairvoyance des adhérents verts comme en témoignent les formidables Journées d’été de Toulouse.

Car de cette vague d’enthousiasme, qui recoupe toute la diversité du mouvement doit naître un nouvel avenir. Une utopie devenue réalisable, non pas limitée aux trois années à venir et soumise aux aléas des échéances électorales mais porteuse de la création d’un nouveau pôle écologiste.

C’est en ce sens que ce congrès est essentiel. Devrions-nous répéter que la crise écologique est là, que ses conséquences économiques, sociales et financières ont commencé et qu’une profonde mutation de nos sociétés, de nos modes de vie est indispensable ? Faudrait-il répéter en dix axes ou quinze priorités l’évidence qui touche maintenant l’opinion publique et la mène à une conscience de plus en plus aiguë de la nécessité de changer ? Nous ne le pensons pas car sur tout cela, nous  sommes d’accord !

De même, nous avons tous conscience de l’inanité de nos querelles incompréhensibles alors qu’il est urgent d’inverser la courbe mondiale des émissions de gaz à effet de serre, et qu’en France les politiques mises en place par Nicolas Sarkozy entraînent leur lot de souffrances et d’injustices faisant basculer de plus en plus de personnes de la vie à la survie, sans compter les atteintes graves à la démocratie.

Non ! Si ce congrès est essentiel, c’est que nous avons une possibilité historique de lancer, de légitimer un processus dont l’objectif est de mener la représentation de l’écologie politique en France au niveau qui devrait être le sien : celui d’une force écologiste réunissant l’ensemble des combats environnementaux, sociaux et sociétaux comme nous les Verts le faisons, mais qui en dépassant nos frontières actuelles devienne une force politique capable d’affronter l’actuel et injuste système électoral en parvenant aux seconds tours.

Une force qui devienne ainsi maîtresse de ses choix d’alliance et non soumise aux volontés hégémoniques d’un partenaire dominateur ! Là est le véritable enjeu de ce congrès.

Nous pourrons ainsi, comme l’écrit Noël Mamère, « promouvoir une écologie de la libération fondée sur les solidarités, la lutte contre les inégalités sociales et environnementales et à la pointe du combat contre toutes les formes de discriminations ».

L’appel au rassemblement des écologistes pour les européennes de 2009 a permis d’ouvrir enfin un dialogue politique entre les Verts, Nicolas Hulot, José Bové et Dany Cohn-Bendit. Déjà, ce dialogue s’est élargi et chacun doit pouvoir y participer sans se renier mais également sans autre exclusive qu’une analyse commune des impasses du libéralisme et du productivisme et de leurs effets dévastateurs sur la planète et les hommes. A l’intérieur de ce rassemblement, les Verts seront les garants de la cohérence du projet écologiste.

Cette rencontre, la reconnaissance de ce socle commun d’idées, renforce l’écologie politique et donc les Verts. Elle consolide les liens engagés avec les mouvements sociaux, les ONG et les associations. Il nous faut désormais proposer des outils novateurs.

Nous proposons que se réunissent, dès la fin 2008, celles et ceux qui ont conscience que la gravité de la crise écologique nous impose de nous rassembler, dans des groupes locaux d’Union des écologistes et de préparer, en partenariat avec l’ensemble de la mouvance écologique, les priorités de notre programme européen. Nous y défendrons l’horizon d’une Europe fédérale.

Nous proposons la tenue d’assises nationales des écologistes au premier trimestre 2009 validant notre programme et les listes de candidats, dont ceux investis par les Verts.

Nous proposons au terme de ce processus une « fête du Tournesol » qui deviendra annuelle et réunira l’ensemble des acteurs de l’écologie lors d’un grand moment festif et solidaire.

En construisant le rassemblement des écologistes pour les européennes de 2009, nous bâtissons par l’exemple. Après les élections, il nous faudra transformer l’essai et construire durablement la nouvelle représentation de l’écologie que nous appelons de nos vœux.

Dans ce cadre, une attention particulière sera portée aux nouvelles régulations économiques. Le développement d’une économie sociale et solidaire capable de répondre au défi climatique et à l’urgence sociale sera au coeur de notre démarche. Des propositions alternatives concrètes existent dans les secteurs économiques, sociaux et financiers.

Changer les Verts

Les Verts, pour réussir ce rassemblement, doivent sortir de leur fonctionnement énergivore et se tourner résolument vers l’extérieur. Mais s’ouvrir ne signifie pas renier 20 ans d’existence. Nous prônons simplement une accélération du processus .

A titre d’exemple, la place des sympathisants doit être renforcée. Ils doivent pouvoir être tenus informés et invités à participer aux débats internes. Un mouvement écologiste puissant ne peut se limiter à 10 000 adhérents.

Les premières réformes mises en œuvre : simplification des politiques d’adhésion, élection de la direction nationale pour 3 ans, création d’une majorité nationale efficace, meilleur respect des votes des adhérents sont des premiers pas.

Nous devons aller plus loin pour favoriser la production d’idées, la participation aux mobilisations, la mise en réseau et le partage des savoirs. Nous devons créer une identité commune plus forte, notamment par la mise en place de cycles de formation sur l’ensemble des thèmes de l’écologie politique.

Le rôle des courants s’il est essentiel pour la vitalité de notre mouvement doit être impérativement limité au débat d’idées.

Ce sont aussi nos liens avec ceux qui pensent l’écologie et la construisent  dans le champ associatif et syndical qui doivent être organisés. Nous créerons dès 2009 une fondation rassemblant les personnes apportant savoir et expertise dont le mode de financement sera annexé dans la feuille de route de la future direction.

Enfin, construisons une organisation et un fonctionnement en phase avec la société, adaptés aux nouveaux modes d’engagement : une structure-réseau, souple et concentrique, entre terrain militant et Internet pour renouveler nos pratiques militantes souvent insuffisantes. Si tout le monde n’a pas accès à internet, tout le monde ne va pas non plus au marché le dimanche. Transformons les Verts en un parti de proximité, ouvert, novateur, sur le terrain et développant ses idées à travers le web et des outils de communication optimisés.

Gagner le combat politique avec un parti écologiste fort

Au lendemain des européennes de 2009, nous proposons la tenue d’une assemblée générale constituante d’une nouvelle force écologiste au sein de laquelle les Verts devront confirmer leur engagement et leur force. Elle rassemblera tous les partenaires de la campagne européenne, assurera un rôle actif aux groupes locaux rassemblant les écologistes et à ceux qui souhaiteront les rejoindre. La dynamique créée par les élections européennes sera ainsi renforcée pour permettre à l’écologie politique d’aborder les élections régionales de 2010 en position de force.

Nous engagerons le combat des idées pour provoquer à terme l’alternative écologiste dont notre pays a besoin.

C’est à cette aune que doit être élaborée notre stratégie pour les prochaines années. Les élections européennes et régionales sont les premières étapes d’une affirmation durable de l’autonomie écologiste. Mais la direction élue à ce congrès devra également préparer les élections présidentielles et législatives de 2012.

A ces scrutins, ne répétons pas les erreurs de 2007. Notre objectif prioritaire sera la création d’un groupe de députés écologistes conséquent, bien évidemment sans renversement d’alliances ! La présence d’un candidat écologiste à la présidentielle devra être préparée par la direction nationale ; le principe en sera acté définitivement en fonction des résultats électoraux du rassemblement des écologistes et de l’accord législatif.

CherEs amiEs, la période qui vient de débuter est enthousiasmante pour l’avenir de l’écologie politique en France. Chacun, chacune d’entre nous détient une part de cet avenir. L’appel au rassemblement des écologistes pour les européennes n’aurait pas abouti sans la signature de plusieurs centaines d’entre vous entre mai et août 2008. De même, votre vote lors du congrès le 16 novembre sera décisif. Cette motion est un regroupement de militants partageant un objectif commun : rassembler les écologistes, rénover profondément les Verts pour construire une alternative politique crédible dès 2012. Avec votre participation, votre soutien et votre énergie, nous y parviendrons !

Cedric Les Verts , , , , , ,

Les journées européennes du patrimoine

20/09/2008

C’est ce week end: une bonne occasion de découvrir des monuments et des musées! (plus d’informations en cliquant sur l’image). Bon week end à tous!

Cedric Général ,

Le rassemblement avance, en vert et contre tout

05/09/2008

Le rassemblement des écologistes prend de plus en plus forme. En témoigne le ralliement de Yannick Jadot, démissionnaire de GreenPeace, mercredi dans Libération. La volonté de rassemblement des écologistes est partagée par la plupart des Verts (enthousiasme à Toulouse, réactions plutôt positives ensuite, …).

Un rassemblement salutaire

Et pourtant, ce n’était pas gagné! La forme de l’appel ne faisait pas l’unanimité et les critiques s’élevaient sur les noms annoncés. Une partie de ces critiques avait d’ailleurs fini par me convaincre et je n’avais pas apprécié la fameuse formule de Daniel Cohn-Bendit « C’est à prendre ou à laisser ». Cependant, il faut bien avouer que cette initiative est bien partie, que le timing était bon et qu’il faut parfois bousculer les « conventions » pour faire avancer les choses. C’est cette idée de rassemblement qui remet l’écologie et les verts dans la scène médiatique, c’est aussi cette idée qui détermine les frontières et les clivages internes à l’approche du congrès.

Depuis bien longtemps, les médias ne parlaient des Verts qu’en mal voire n’en parlaient pas du tout! Le pacte écologique et le grenelle de l’environnement avaient mis l’écologie sur toutes les bouches et les Verts devenaient « inutiles » pour toute une partie des médias et de la population! Le fait qu’aujourd’hui les écologistes décident de se rassembler et que des militants associatifs s’engagent politiquement aux côtés des Verts montre que ce grenelle n’était pas suffisant et surtout que sa mise en application est très décevante! Le rassemblement des écologistes a redonné aux Verts une certaine visibilité au plan national et on ne va pas s’en plaindre! (évidemment, un jour le vent tournera et les médias redeviendront plus critiques mais c’est aussi leur rôle)

Ce rassemblement a aussi beaucoup bousculé les Verts au plan interne. Des sensibilités importantes (voire historiques!) se déchirent aujourd’hui pour savoir quelle place donner au rassemblement, quelle attitude adopter vis à vis de lui, comment le mettre en oeuvre, etc… Bien sûr, certaines tendances résistent mieux que d’autres aux tensions mais cette question du rassemblement est très présente et des désaccords existent dans la plupart des courants.

Le rassemblement est également source de nombreux débats internes par exemple sur les listes de diffusion vertes ou sur facebook. Suite à l’annonce du ralliement de Yannick Jadot, on a pu lire de nombreux mails, souvent intéressants et ces échanges se faisaient dans le respect. Des réserves diverses ont été exprimées et elles révèlent des risques rééls.

Des risques rééls

Ce rassemblement n’est pas sans risques pour les Verts. Ils ont été soulevés par plusieurs militants ces derniers temps.

Il y a ceux qui ont peur d’être débordés par leur droite ou par leur gauche. Ceux là se satisfont de l’état actuel des Verts et surtout des forces en présence en interne. Ils ne veulent pas qu’un tel ou une telle intègre le rassemblement car il se pourrait que de nouveaux militants arrivent en nombre et créent un certain « déséquilibre ». Pour ma part, je trouve que le fait que ce rassemblement suscite des critiques sur sa droite comme sur sa gauche est très sain. Cela signifie qu’il s’intègre parfaitement dans les verts et qu’il représente l’écologie politique dans son ensemble. De plus, il ne faut pas avoir peur d’accueillir de nouvelles personnes dans le parti, surtout quand ces personnes peuvent parfaitement s’intégrer dans le parti. Par exemple, il y a déjà des altermondialistes et des environnementalistes chez les Verts depuis longtemps et la cohabitation entre toutes les facettes de l’écologie politique est désormais une habitude.

Il y a les ambitions personnelles. Ceux qui s’intéressent avant tout aux noms qui seront sur les listes en position éligible et qui aimeraient y être (ou que leurs amis y soient). Le fait d’intégrer aux listes des non-Verts provoque une baisse du nombre de places et ça ne plaît pas à tout le monde! On peut le comprendre mais ceux qui avaient une chance d’avoir une de ces places sont aussi ceux qui sont le plus susceptible de profiter d’une poussée de l’écologie politique (par exemple, à de prochaines élections).

Et il y a les critiques qui sont plus légitimes et qui concernent par exemple le souci de parité des listes (mais je ne pense vraiment pas que ce sera un problème étant donné la culture et la vigilance verte sur ce sujet!) ou des questions plus matérielles (ces élus reverseront-ils une partie de leurs indemnités d’élu aux Verts?). Ces questions sont importantes. Les Verts vont tout de même être importants pour ce rassemblement car ils ont l’expérience de la politique, des campagnes électorales et les militants sur le terrain. Certes, les associations ne manquent pas de militants et on peut espérer que certains d’entre eux contribuent à la campagne, notamment au sein des comités locaux Europe Ecologie mais le gros des troupes sera composé de militants verts. Il serait donc juste que le parti ne soit pas lésé par ce rassemblement.

Les différentes craintes sont en partie résumées et commentées dans le billet de Florent. Cependant, je veux être optimiste et croire plus que jamais en ce rassemblement!

Un peu d’optimisme!

Je reste optimiste car je crains qu’un excès de prudence ne tue le rassemblement dans l’oeuf. Les négociations pour déterminer de qui tiendra quelle place sur les listes seront dures. Dany Cohn-Bendit en a conscience et il le soulignait dans son interview à France Culture il y a quelques jours. Pourtant, il faut prendre le risque de se retrouver face à une impasse lors des négociations: au moins nous aurons essayé! Je reste optimiste parce que l’envie, le coeur compte en politique et que le rassemblement redonne envie aux verts de travailler ensemble, de militer, de se battre! Certains me trouveront peut-être naïf mais je pense en réalité qu’il doit y avoir certaines conditions au rassemblement mais qu’il ne faut pas pour autant se saper le moral en pensant d’ores et déjà aux négociations et aux questions matérielles. Etre vigilant, oui! Briser cette dynamique de rassemblement, non! Chaque chose en son temps.

Les Verts doivent se rassembler et encore plus se tourner vers l’extérieur. Preuve a été faite que les changements nécessaires ne se feront pas sans des élus écologistes convaincus. Pour avoir ces élus, nous devons montrer une image d’union dans la diversité face à l’enjeu: une force écologiste importante pour peser sur les décisions au niveau européen!

Cedric Ecologie, Europe, Les Verts , , , , ,

Pour une Europe des peuples

13/06/2008

Les irlandais ont dit non au traité de Lisbonne. On risque d’avoir droit à des commentaires divers et variés. Le problème avec un référendum sur ce genre de traité un peu fourre-tout, c’est qu’il est difficile de distinguer quels critères ont amené au résultat. Chacun fera donc les commentaires qui l’arrangent… à commencer par moi!

La constante c’est que depuis 2005, quand on demande directement aux peuples européens de se prononcer par référendum sur ce traité (même les médias et la majorité n’osent plus dire que ce n’est pas le même traité), la réponse est non. Les 3 pays qui ont dit non à ce traité (la France, les Pays-Bas et l’Irlande) sont dans des situations très différentes et les raisons de leurs « non » sont très variées et différentes. En France, pays en crise économique, ce qui a fait la différence c’est qu’une partie importante du « peuple de gauche » a estimé que l’UE apportait plus de contraintes et d’inconvénients que d’avantages (il y avait bien un non nationaliste et souverainiste mais pas plus qu’ailleurs). Pour ce qui est des Pays-Bas, les grands médias ont présenté ce « non » comme un « non » protectionniste, nationaliste et parfois même raciste. Contrairement aux 2 pays qui ont voté « non » en 2005, l’Irlande est un pays qui a plus gagné à faire partie de l’Union qu’elle n’a perdu (certains politiques et certains médias ne vont pas se priver pour dire que les irlandais sont des ingrats etc etc…). On peut alors difficilement imputer le refus irlandais comme un « non » à l’Europe économique et libérale. Certains diront que les tenants du « non » ont joué sur les peurs des irlandais et que ces derniers se sont fait berner. Je trouve ça un peu facile, ça permet surtout de ne pas se remettre en question…

Il aurait fallu, comme les Verts le proposaient, un référendum européen, c’est-à-dire la consultation quasi-simultanée de tous les peuples d’Europe, qui aurait montré qu’on ne veut pas faire l’Europe sans ses peuples, que nous faisons tous partie de l’Union Européenne et que les décisions sur notre avenir commun doivent être prises ensemble! Comment créer un sentiment d’appartenance lorsque les ratifications des traités sont si espacés dans le temps? Aujourd’hui, les européens ne se sentent pas ou peu européens. Comment le pourraient-ils? Pas de langue commune, peu de symboles forts (hormis l’euro qui renvoit à la dimension économico-économique de l’Union). En bref, l’Europe est technocratique et se contruit presque dans le dos des peuples. Par exemple, on revoyait tout à l’heure à C dans l’air des images de Sarkozy, fier comme un coq, qui présentait « son » traité et qui assumait totalement le fait de ne pas faire de référendum parce qu’il avait peur d’un « non » français ou d’un « non » anglais… drôle de conception de la démocratie et de la construction européenne…

Je pense aussi qu’il sera difficile de faire quelque chose de cette Europe à 27 tant les pays et les peuples sont différents et n’attendent pas la même chose de l’Union. Il faut construire l’Europe politique à partir d’un « noyau » de pays prêts à tenter l’aventure et ne pas être trop pressés pour élargir cette Union politique.

Pour finir, je vous conseille l’article de Franck, qui a le mérite de ne pas renvoyer aux vieux débats oui/non et qui pose la vraie question: voulons-nous de l’Europe? Si oui, il ne faudra pas une Europe à minima et il ne faudra pas essayer de la construire sans les peuples.

Cedric Europe , , ,


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