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Archives pour la catégorie ‘Ras le bol’

Un mort sur le Dakar et une couille chez Renault

09/01/2009

Un motard français est mort sur le Dakar et il aurait pu être sauvé. Les décès, c’est un peu la routine pour cette « épreuve sportive » (etd’ailleurs on peut lire dans l’article du Monde « le premier de la 30ème édition du rallye »). Le parallèle entre cette histoire (où tout le monde se rend compte que le motard est mort seulement le lendemain matin) et ce qui s’est passé il y a quelques semaines au Vendée Globe (où le sport s’était arrété pour sauver une vie, ce qui est bien la moindre des choses) est édifiant, isn’t it? Après l’Afrique, c’est cette année l’Amérique du Sud qui doit subir les caprices occidentaux. Ce rallye est d’une symbolique terrible: de riches occidentaux vont saccager l’environnement de pays pauvres et mettre en danger les vies de populations qui n’ont rien demandé. Tout ça pour quoi?

Ils sont forts chez Renault: http://www.presse-citron.net/koleos-de-renault-un-4×4-pour-toutes-les-bourses. Un de mes amis facebook s’interroge: ce genre de voiture serait un substitut de virilité?

Bref, si je blogue moins ces derniers temps, l’indignation et la révolte sont toujours là et ce n’est pas le visionnage de l’année du zapping 2008 qui arrangera les choses!

Cedric Ras le bol ,

Après Bérénice…

13/10/2008

Le compagnon de Bérénice s’est suicidé lundi dernier avec son arme de service. C’est un nouveau choc pour toute la famille qui a fait tout ce qui était en son pouvoir pour remettre le pied à l’étrier à ce jeune homme qui avait encore toute la vie devant lui. Une fois encore, l’administration a sa part de responsabilité car si la mutation exceptionnelle le rapprochait de sa famille et de ses amis, elle le remettait « sur le terrain », avec le stress et l’arme de service que ça implique, sans aucun suivi psychologique (qu’il refusait).

Surtout, j’ai la conviction que ces 2 décès sont en grande partie dûs à la rigidité de cette administration qui refuse de rapprocher des couples alors qu’elle en a la possibilité (les postes existaient), à cette société qui préfère l’individualisme à l’entraide et à la solidarité.

Cedric Ras le bol , ,

Récit d’une dérive policière?

09/09/2008

Dérive policière ou un cas parmi beaucoup d’autres? Difficile à dire…

Ca s’est passé au festival d’Avignon cette année. Je m´appelle Patrick Mohr. Je suis né le 18 septembre 1962 à Genève. Je suis acteur, metteur en scène et auteur.

A Genève je dirige une compagnie, le théâtre Spirale, je co-dirige le théâtre de la Parfumerie et m´occupe également du festival « De  bouche à oreille.

Dans le cadre de mes activités artistiques, je viens régulièrement au festival d´Avignon pour y découvrir des spectacles du « in » et du  « off ». Notre compagnie s´y est d´ailleurs produite à trois reprises. Cette année, je suis arrivé dans la région depuis le 10 juillet et j´ai assisté à de nombreux spectacles.

Le Lundi 21 juillet, je sors avec mon amie, ma fille et trois de ses camarades d´une représentation d´une pièce très dure sur la guerre en ex-Yougoslavie et nous prenons le frais à l´ombre du Palais des Papes, en assistant avec plaisir à un spectacle donné par un couple  d´acrobates.

A la fin de leur numéro, je m´avance pour mettre une pièce dans leur chapeau lorsque j´entends le son d´un Djembé (tambour africain)  derrière moi. Etant passionné par la culture africaine. (J´y ai monté plusieurs spectacles et ai eu l´occasion d´y faire des tournées.) Je m´apprête à écouter les musiciens. Le percussionniste est rejoint par un joueur de Kamele Ngoni. (Sorte de contrebasse surtout utilisée par les chasseurs en Afrique de l´Ouest.)

A peine commencent-ils à jouer qu´un groupe de C.R.S se dirige vers eux pour les interrompre et contrôler leur identité. Contrarié, je me  décide à intervenir. Ayant déjà subi des violences policières dans le même type de circonstances il y a une vingtaine d´année à Paris, je me suis adressé à eux avec calme et politesse. Le souvenir de ma précédente mésaventure bien en tête. Mais je me suis dit que j´étais plus âgé,  que l´on se trouvait dans un haut lieu culturel et touristique, dans une démocratie et que j´avais le droit de m´exprimer face à ce qui me semblait une injustice. J´aborde donc un des C.R.S et lui demande :

« Pourquoi contrôler vous ces artistes en particulier et pas tous ceux qui se trouvent sur la place ? » Réponse immédiate.

« Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regardes!

« Justement ça me regarde. Je trouve votre attitude discriminatoire. »

Regard incrédule. « Tes papiers ! »

« Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller les chercher dans la voiture. »

« Mets-lui les menottes ! »

« Mais vous n´avez pas le droit de… »

Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres.

« Tu vas voir si on n´a pas le droit.»

Et brusquement la scène a dérapé.

Ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie inouïe. Mon amie, ma fille, ses camarades et les curieux qui assistaient à la scène ont reculé choqués alors qu´ils me projetaient au sol, me plaquaient la  tête contre les pavés, me tiraient de toutes leurs forces les bras en  arrière comme un poulet désarticulé et m’enfilaient des menottes. Les bras  dans le dos, ils m´ont relevé et m´ont jeté en avant en me retenant par la chaîne. La menotte gauche m´a tordu le poignet et a pénétré  profondément mes chairs.
J´ai hurlé :

« Vous n´avez pas le droit, arrêtez, vous me cassez le bras ! »

« Tu vas voir ce que tu vas voir espèce de tapette. Sur le dos !  Sur le ventre ! Sur le dos je te dis, plus vite, arrête de gémir ! »

Et ils me frottent la tête contre les pavés me tordent et me frappent, me traînent, me replaquent à terre.

La foule horrifiée s´écarte sur notre passage. Mon amie essaie de me venir en aide et se fait violemment repousser. Des gens s´indignent, sifflent, mais personne n´ose interrompre cette interpellation d´une violence inouïe. Je suis traîné au sol et malmené jusqu´à leur fourgonnette qui se trouve à la place de l´horloge 500 m plus  bas. Là, ils me jettent dans le véhicule, je tente de m´asseoir et le plus  grand de mes agresseurs (je ne peux pas les appeler autrement), me donne un coup pour me faire tomber entre les sièges, face contre terre, il me plaque un pied sur les côtes et l´autre sur la cheville il appuie de tout son poids contre une barre de fer.

« S´il vous plait, n´appuyez pas comme ça, vous me coupez la  circulation. »

« C´est pour ma sécurité. »

Et toute leur compagnie de rire de ce bon mot. Jusqu´au  commissariat de St Roch

Le trajet est court mais il me semble interminable. Tout mon corps est meurtri, j´ai l´impression d´avoir le poignet brisé, les épaules démises, je mange la poussière.

On m´extrait du fourgon toujours avec autant de délicatesse.

Je vous passe les détails de l´interrogatoire que j´ai subi dans un état lamentable.

Je me souviens seulement du maquillage bleu sur les paupières de la femme qui posait les questions.

« Vous êtes de quelle nationalité ? » « Suisse. »

« Vous êtes un sacré fouteur de merde »

« Vous n´avez pas le droit de m´insulter »

« C´est pas une insulte, la merde » (Petit rire.)

C´est fou comme la mémoire fonctionne bien quand on subit de pareilles agressions.

Toutes les paroles, tout les détails de cette arrestation et de ma garde à vue resterons gravés à vie dans mes souvenirs, comme la douleur des coups subits dans ma chair.

Je remarque que l´on me vouvoie depuis que je ne suis plus entre les griffes des CRS.

Mais la violence physique a seulement fait place au mépris et à une forme d´inhumanité plus sournoise. Je demande que l´on m´ôte les menottes qui m´ont douloureusement entaillé les poignets et que l´on appelle un docteur. On me dit de cesser de pleurnicher et que j´aurais mieux fait de réfléchir avant de faire un scandale. Je tente de protester, on me coupe immédiatement la parole. Je comprends qu´ici on ne peut pas s´exprimer librement. Ils font volontairement traîner  avant de m´enlever les menottes. Font semblant de ne pas trouver les  clés. Je ne sens plus ma main droite.

Fouille intégrale. On me retire ce que j´ai, bref inventaire, le tout est mis dans une petite boîte.

« Enlevez vos vêtements ! » J´ai tellement mal que je n´y arrive  presque pas.

« Dépêchez-vous, on n’a pas que ça à faire. La boucle d´oreille ! »

J´essaye de l´ôter sans y parvenir.

« Je ne l´ai pas enlevée depuis des années. Elle n´a plus de  fermoir. »

« Ma patience à des limites vous vous débrouillez pour l´enlever, c´est tout ! »

Je force en tirant sur le lob de l´oreille, la boucle lâche. « Baissez la culotte ! » Je m´exécute. Après la fouille ils m´amènent dans une petite cellule de garde à vue. 4m de long par 2m de large. Une petite couchette beige vissée au mur.

Les parois sont taguées, grattées par les inscriptions griffonnées à la hâte par les détenus de passage. Au briquet ou gravé avec les ongles dans le crépis. Momo de Monclar, Ibrahim, Rachid… chacun laisse sa marque. L´attente commence. Pas d´eau, pas de nourriture. Je réclame en vain de la glace pour faire désenfler mon bras. Les murs et le sol sont  souillés de tâches de sang, d´urine et d´excréments. Un méchant néon est allumé en permanence. Le temps s´étire. Rien ici qui permette de  distinguer le jour de la nuit. La douleur lancinante m´empêche de dormir. J´ai l’impression d´avoir le coeur qui pulse dans ma main. D´ailleurs alors que j´écris ces lignes une semaine plus tard, je ne parviens toujours pas à dormir normalement.

J´écris tout cela en détails, non pas pour me lamenter sur mon  sort. Je suis malheureusement bien conscient que ce qui m´est arrivé est tristement banal, que plusieurs fois par jours et par nuits dans  chaque ville de France des dizaines de personnes subissent des traitements bien pires que ce que j´ai enduré. Je sais aussi que si j´étais noir ou  arabe je me serais fait cogner avec encore moins de retenue. C´est pour cela que j´écris et porte plainte. Car j´estime que dans la police  française et dans les CRS en particulier il existe de dangereux individus qui  sous le couvert de l´uniforme laissent libre cour à leurs plus bas  instincts.

(Evidement il y a aussi des arrestations justifiées, et la police ne fait pas que des interventions abusives. Mais je parle des dérapages qui me semblent beaucoup trop fréquents.)

Que ces dangers publics sévissent en toute impunité au sein d´un service public qui serait censé protéger les citoyens est inadmissible dans un état de droit.

J´ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu´un de profondément non violent, par conviction, ce type de mésaventure me renforce encore dans mes convictions, mais si je ne disposais pas des outils pour  analyser la situation je pourrais aisément basculer dans la violence et l´envie de vengeance. Je suis persuadé que ce type d´action de la police nationale visant à instaurer la peur ne fait qu´augmenter l´insécurité en France et stimuler la suspicion et la haine d´une partie de la population (Des jeunes en particulier.) face à la Police. En polarisant ainsi la population on crée une tension perpétuelle extrêmement perverse.

Comme je suis un homme de culture et de communication je réponds à cette violence avec mes armes. L´écriture et la parole. Durant les 16h qu´a duré ma détention. (Avec les nouvelles lois, on aurait même pu me  garder 48h en garde à vue.) Je n´ai vu dans les cellules que des gens  d´origine africaine et des gitans. Nous étions tous traité avec un mépris hallucinant. Un exemple, mon voisin de cellule avait besoin d´aller  aux toilettes. Il appelait sans relâche depuis près d´une demi heure, personne ne venait. Il c´est mit à taper contre la porte pour se faire entendre, personne. Il cognait de plus en plus fort, finalement un gardien exaspéré surgit. »Qu´est ce qu´il y a ? » « J´ai besoin d´aller aux chiottes. » « Y a une coupure d´eau. » Mais j´ai besoin. » « Y  a pas d´eau dans tout le commissariat, alors tu te la coince pigé. »

Mon voisin qui n´est pas seul dans sa cellule continue de se plaindre, disant qu´il est malade, qu´il va faire ses besoins dans la cellule.

« Si tu fais ça on te fait essuyer avec ton t-shirt. »

Les coups redoublent. Une voix féminine lance d´un air moqueur. « Vas-y avec la tête pendant que tu y es. Ca nous en fera un de moins. »  Eclats de rire dans le couloir comme si elle avait fait une bonne  plaisanterie.

Après une nuit blanche vers 9h du matin on vient me chercher pour prendre mon empreinte et faire ma photo. Face, profil, avec un petit écriteau, comme dans les films. La dame qui s´occupe de cela est la première personne qui me parle avec humanité et un peu de compassion depuis le début de ce cauchemar. « Hee bien, ils vous ont pas raté. C´est les CRS, ha bien sur. Faut dire qu´on a aussi des sacrés cas sociaux chez nous. Mais ils sont pas tous comme ça. »

J´aimerais la croire.

Un officier vient me chercher pour que je dépose ma version des  faits et me faire connaître celle de ceux qui m´ont interpellé. J´apprends  que je suis poursuivi pour : outrage, incitation à l´émeute et violence  envers des dépositaires de l´autorité publique. C´est vraiment le comble. Je les aurais soi disant agressés verbalement et physiquement. Comment  ces fonctionnaires assermentés peuvent ils mentir aussi éhontément ? Je raconte ma version des faits à l´officier. Je sens que sans vouloir l´admettre devant moi, il se rend compte qu´ils ont commis une  gaffe. Ma déposition est transmise au procureur et vers midi je suis finalement libéré. J´erre dans la ville comme un boxeur sonné. Je marche péniblement. Un mistral à décorner les boeufs souffle sur la ville. Je trouve un avocat qui me dit d´aller tout de suite à l´hôpital faire un constat médical.
Je marche longuement pour parvenir aux urgences ou je patiente plus de 4 heures pour recevoir des soins hâtifs. Dans la  salle d´attente, je lis un journal qui m´apprend que le gouvernement veut supprimer 200 hôpitaux dans le pays, on parle de couper 6000 emplois dans l´éducation. Sur la façade du commissariat de St Roch j´ai pu lire qu´il allait être rénové pour 19 millions d´Euros. Les budgets de la sécurité sont à la hausse, on diminue la santé, le social et l´éducation. Pas de commentaires.

Je n´écris pas ces lignes pour me faire mousser, mais pour clamer mon indignation face à un système qui tolère ce type de violence. Sans  doute suis-je naïf de m´indigner. La plupart des Français auxquels j´ai raconté cette histoire ne semblaient pas du tout surpris, et avaient connaissance de nombreuses anecdotes du genre. Cela me semble d´autant plus choquant. Ma naïveté, je la revendique, comme je revendique le droit de m´indigner face à l´injustice. Même si cela peut paraître de petites injustices. C´est la somme de nos petits silences et de nos petites lâchetés qui peut conduire à une démission collective et en dernier recours aux pires systèmes totalitaires. (Nous n´en sommes  bien évidement heureusement pas encore là.) Depuis ma sortie, nous sommes retournés sur la place de papes et nous avons réussi à trouver une douzaine de témoins qui ont accepté d´écrire leur version des faits  qui corroborent tous ce que j´ai dis. Ils certifient tous que je n´ai proféré aucunes insultes ni n´ai commis aucune violence. Les témoignages soulignent l´incroyable brutalité de l´intervention des CRS et la  totale disproportion de leur réaction face à mon intervention. J´ai essayé de retrouver des images des faits, mais malheureusement les caméras qui surveillent la place sont gérées par la police et, comme par hasard elles sont en panne depuis début juillet. Il y avait des centaines de personnes sur la place qui auraient pu témoigner, mais le temps de sortir de garde à vue, de me faire soigner et de récupérer suffisamment d´énergie pour pouvoir tenter de les retrouver. Je n´ai pu en  rassembler qu´une douzaine. J´espère toujours que peut être quelqu´un ait photographié ou même filmé la scène et que je parvienne à récupérer  ces images qui prouveraient de manière définitive ce qui c´est passé.

Après 5 jours soudain, un monsieur africain m´a abordé, c´était  l´un des musiciens qui avait été interpellé. Il était tout content de me retrouver car il me cherchait depuis plusieurs jours. Il se sentait  mal de n´avoir rien pu faire et de ne pas avoir pu me remercier d´être intervenu en leur faveur. Il était profondément touché et surpris par mon intervention et m´a dit qu´il habitait Grenoble, qu´il avait 3 enfants et qu´il était français. Qu´il viendrait témoigner pour moi. Qu´il s´appelait Moussa Sanou.

« Sanou , c´est un nom de l´ethnie Bobo. Vous êtes de Bobo-Dioulasso ? » « Oui. » Nous nous sommes sourit et je l´ai salué dans sa langue en  Dioula.

Il se trouve que je vais justement créer un spectacle prochainement à Bobo-Dioulasso au Burkina-faso. La pièce qui est une adaptation de nouvelles de l´auteur Mozambicain Mia Couto s´appellera « Chaque homme est une race » et un des artistes avec lequel je vais collaborer se nomme justement Sanou.

Coïncidence ? Je ne crois pas.

Je suis content d´avoir défendu un ami, même si je ne le  connaissais pas encore.

La pièce commence par ce dialogue prémonitoire. Quand on lui demanda de quelle race il était, il répondit : « Ma race c´est moi. »

Invité à s´expliquer il ajouta:
« Ma race c´est celui que je suis. Toute personne est à elle seule une humanité. Chaque homme est une race, monsieur le policier. »

Cedric Ras le bol ,

« Ecoterroristes » ?

29/07/2008

Les médias (journaux papiers, télévisés, radios, internet…) parlent depuis quelques jours des actes terroristes revendiqués par l’ALF (Animal Liberation Front) et en particulier de l’incendie du laboratoire Charles River à Saint-Germain-sur-L’Arbresle dans le Rhône. Le traitement de cette information diffère selon les médias mais dans quasiment tous les cas, les terroristes sont qualifiées d’ « écoterroristes », de « terroristes verts » ou d’ « écologistes de l’extrême ». Quel est le lien entre ces gens et ces actes et l’écologie politique? Ces terroristes sont-ils vraiment écologistes?

Il faut tout d’abord remarquer que l’ALF ne s’intéresse (comme son nom l’indique) qu’à la protection des animaux qui est un champ très restreint de l’écologie politique. Certes, il faut encadrer les expérimentations et empécher les dérives car les animaux ne peuvent pas être considérés comme des objets, mais ce n’est qu’une petite partie des revendications et des idées écologistes. Je ne crois pas que les écologistes soient opposés aux expérimentations animales mais ces expérimentations devraient être limitées aux découvertes scientifiques et non aux intérêts d’industriels (pour les produits de beauté par exemple)

Faire l’amalgame entre ces terroristes et les écologistes est dangereux! celà revient à (comme au « bon » vieux temps (encore que certains continuent encore à utiliser ce genre d’ « arguments » aujourd’hui)) mettre dans le même paquet le socialisme et le stalinisme ou la droite et le fascisme… ça permet d’éviter le vrai débat d’idées, ce qui fausse le « jeu » démocratique…

En ce qui me concerne, je suis écologiste mais je ne me reconnais pas du tout dans ces actes terroristes et je ne pense pas avoir plus de proximité avec ces gens qu’avec Sarkozy… Certes, je suis végétarien mais ce n’est pas par excès d’empathie animale (même si je pense que les conditions d’élevage de notre agriculture productiviste sont intolérables) mais parce que la (sur)consommation de viande cause aujourd’hui de gros dégats écologiques et qu’on pourrait limiter la faim dans le monde en réduisant notre (votre!) consommation de viande!

Cedric Ecologie, Ras le bol ,

Qui envoie encore des .doc ?

18/07/2008

Je déteste recevoir des documents en .doc! Pourquoi? Parce que je n’ai pas Micro$oft Word (à la fois parce que je travaille essentiellement sous linux et que parce que je ne suis pas prêt à payer une fortune un logiciel médiocre!). Le grand public l’ignore souvent mais il existe des alternatives à word comme par exemple Open Office (gratuit, libre et qui a les mêmes fonctionalités que micro$oft office).
De manière générale, le seul moyen de vous assurer que votre correspondant verra le fichier que vous lui envoyez exactement comme vous le voyez, c’est d’utiliser le format PDF (et pour ceux qui veulent continuer à utiliser word, il est possible de transformer un .doc en .pdf facilement!)

Un petit lien pour compléter ce billet: http://wiki.ekolo.org/comm:word_non_merci

Cedric (Un peu) geek, Ras le bol

Un signe qui ne trompe pas…

16/07/2008

Lu dans l’interview de Valérie Pécresse sur le site du Figaro:

Hausse du budget de son ministère : « C’est un choix
du président de la République » d’en faire un « budget prioritaire ». «
C’est la clé de notre croissance et de notre prospérité ». Valérie
Pécresse a précisé qu’un départ à la retraite sur six ne serait pas
remplacé pour le ministère de l’Enseignement supérieur et de la
recherche.

Voilà ce gouvernement qui ne lésine pas sur les effets d’annonce concernant la priorité de la recherche et de l’enseignement supérieur à l’action! Un poste sur 6 supprimé alors que les chercheurs, les syndicats et les associations répètent inlassablement qu’il manque d’argent et de postes!

Le gouvernement répondra sûrement que ces postes seront « remplacés » ou « compensés » par des postes sur projets… Pour dire les choses plus clairement, ces postes seront des contrats à durée déterminée, des contrats précaires pour des gens qui ont un bac+8 et qui ont travaillé dur pour ça… des gens qui ont 30 ans et qui en ont marre d’être envoyés d’un bout à l’autre de la France tous les ans selon les appels à projets… des « chercheurs jetables » en quelque sorte!

De quoi refroidir les jeunes qui se voyaient faire carrière dans la recherche! (pourtant, je croyais que le gouvernement souhaitait valoriser la profession et susciter les vocations… dans les faits, on voit bien qu’il n’en est rien!)

Cedric Politique, Ras le bol, Recherche et enseignement supérieur , , ,

Les choix discutables de « C dans l’air »

11/07/2008

C dans l’air est une émission d’analyse de l’actualité sur France 5 que je regarde relativement souvent et que je trouve souvent intéressante… Sauf que là, j’ai un petit coup de gueule: après le scandale de la fuite d’uranium, j’espérais une émission dans la semaine sur ce sujet… mais rien (ce sujet qui n’intéresse pas les gens? il n’est pas important???!!). Par contre, on a eu droit aujourd’hui à une émission passionnante sur la sortie du disque de Carla, sujet éminemment important (surtout qu’on en parle pas assez: la une de libé, le 20h de TF1, des interviews dans tout un tas de médias…)

La santé et l’avenir des habitants de la région de Saint-Paul-Trois-Châteaux ont moins d’intérêt et d’importance que la sortie d’un disque? (probablement médiocre, c’est pas « ma came » de toutes façons!)
Ou alors, peut-être qu’il ne faudrait pas trop bousculer le Président Sarkozy en parlant d’un sujet qui fâche dans une France au gouvernement et au président plus pro-nucléaires que jamais tout en ne participant pas à l’opération dégradante de surpromotion (par quasiment tous les médias) du disque de la 1ère dame?

Cedric Ras le bol, Télé , , ,

Elle s’appelait Bérénice…

03/07/2008

Le texte qui suit n’est pas de moi. Cependant, l’événement qui l’a inspiré m’a personnellement touché. En partageant ce texte et en racontant cette histoire, nous espérons faire bouger les choses, pour qu’il n’y ait plus d’autres Bérénice…

Voici une nouvelle comme pour arrêter le temps.

Et à laquelle je ne vous demande pas de répondre.
C’est un faire-part de décès brutal.

Appelons-la Bérénice.

28 ans. C’était notre nièce. Inspectrice du travail. En zone retirée, agricole.Depuis deux ans, de 250 km séparée de son compagnon (en poste sur Paris). Et à trois heures et demi de ses parents (Lillois-e) auxquels elle est très attachée.Ne supportant plus sa situation professionnelle, elle a fini par imploser.
Mercredi dernier, parcourant 450 km, elle est allée se jeter dans le vide au bord de la mer.
Pourquoi ?
en raison …
… du ratage d’une toute récente demande de mutation ?
… de son éloignement de tout soutien, y compris professionnel, syndical ?
… du caractère peu motivant au final de son activité, voire de l’ambiance (exécrable ?) de son milieu professionnel ?
… de l’aspect implacable de certaines facettes de son métier (enquête sur 3 accidents du travail mortels distincts durant sa première année d’expérience) ?
… de son incapacité à faire ou faire faire les choses, face à son perfectionnisme excessif ?
… de sa personnalité sensible, ouverte, empathique. Fragile ?
… par manque de préoccupation des gens de sa promo, tous et toutes au courant qu’elle avait « pété un plomb » il y a quelques mois mais sans imaginer une telle issue ?
ou plus certainement
… de l’absence de tout suivi de sa hiérarchie (une cellule psy existe à … 85 km de là où elle travaillait) ?
Pour seuls messages et expression de sa souffrance psychique, elle a laissé en poèmes la sombre image d’une lente et douloureuse autodestruction après une résistance intérieure terrible.
Dans quelques rares écrits retrouvés, c’est uniquement de son travail dont il est question.Et sans évoquer aucunement ses relations (professionnelles ou autre) avec tel ou telle, ni non plus un éventuel harcèlement quelconque.
Mention Bien au bac S.
Elle préfère une prépa lettres, puis l’Histoire à l’université.
Passe et réussit le concours d’inspecteur-e du travail.

Suit la formation à Lyon.

Mais bientôt, noyée par tant d’isolement.
Submergée de tant de solitude.
Ecrasée par un milieu délétère, semble-t-il.
Elle a préféré mettre fin tragiquement à sa souffrance.
Faut-il que ces temps soient aveugles pour ne pas voir que le meilleur de nous même fout le camp ?
« Quel gâchis ! » me dit-un correspondant !
Combien faudra-t-il pleurer d’êtres chers tels Bérénice ?
Au delà de son cas, Bérénice nous interpelle.Ne s’est-elle pas sacrifiée pour que nous nous interrogions sur la souffrance non des générations futures mais bel et bien présentes ?
- il y a quinze jours dans le journal Le Monde, on apprenait que beaucoup d’élèves des prépas ingénieur-e-s allaient mal, obligé-e-s de consulter et prendre des antidépresseurs.Seule, la solidarité entre élèves leur permet de s’en sortir.
- il y a à peine plus longtemps, c’était l’émeute de Vitry-le-François suite à la mort violente d’un jeune.
- j’apprenais que dans l’Académie du Nord, une part sensible des jeunes enseignant-e-s (moins de quinze ans d’ancienneté) avait épuisé les trois années de congé longue maladie prévues pour la carrière entière.
Hier, mercredi 2 juillet, huit jours après son décès, eut lieu une petite cérémonie civile, courte.

Cedric Général, Ras le bol , ,

Fonds de placement éthiques et/ou écologiques

12/06/2008

Petite mise en garde à propos des fonds de placement dits « éthiques » ou « écologiques » que certaines banques proposent à leur clientèle. Si on n’y prend pas garde, l’écologie peut vraiment devenir un prétexte à tout et n’importe quoi et n’importe qui peut devenir « éthique » ou « écologique »… prudence donc!

Cedric Ecologie, Ras le bol, Télé

Petite dédicace à une secrétaire

18/04/2008

On n’est pas là pour se faire engueuler


Un beau matin de juillet, le réveil
A sonné dès le lever du soleil
Et j’ai dit à ma poupée : « Faut te s’couer
C’est aujourd’hui qu’il passe »
On arrive sur le boulevard sans retard
Pour voir défiler le roi d’Zanzibar
Mais sur-le-champ on est r’foulé par les agents

Alors j’ai dit :

On n’est pas là pour se faire engueuler
On est là pour voir le défilé
On n’est pas là pour se faire assomer
On est v’nu pour voir le défilé
Si tout le monde était resté chez soi
Ça f’rait du tort à la République
Laissez-nous donc qu’on le regarde

Sinon plus tard quand la reine reviendra
Ma parole, nous on r’viendra pas

L’jour de la fête à Julot, mon poteau
Je l’ai invité dans un p’tit bistro
Où l’on sert un beaujolais vrai de vrai
Un nectar de première
On est sorti très à l’aise et voilà
Que j’ai eu l’idée de l’ram’ner chez moi
Mais j’ai compris devant l’rouleau à pâtisserie

Alors j’ai dit :

On n’est pas là pour se faire engueuler
On est là pour la fête à mon pote
On n’est pas là pour se faire assommer
On est v’nu faire une tite belote
Si tout le monde restait toujours tout seul
Ça serait d’une tristesse pas croyable
Ouvre ta porte et sors des verres

Ne t’obstine pas ou sans ça l’prochain coup
Ma parole, j’rentre plus du tout

Ma femme a cogné si dur cette fois-là
Qu’on a trépassé l’soir même et voilà
Qu’on se r’trouve au paradis vers minuit
Devant Monsieur Saint Pierre
Il y avait quelques élus qui rentraient
Mais sitôt que l’on s’approche du guichet
On est r’foulé et Saint Pierre se met à râler

Alors j’ai dit :
On n’est pas là pour se faire engueuler
On est v’nu essayer l’auréole
On n’est pas là pour se faire renvoyer
On est mort, il est temps qu’on rigole
Si vous jetez les ivrognes à la porte
Il doit pas vous rester beaucoup d’monde
Portez-vous bien, mais nous on s’barre
Et puis on est descendu chez Satan
Et là-bas c’était épatant !

C’qui prouve qu’en protestant quand il est encore temps
On peut finir par obtenir des ménagements !

Cedric Ras le bol