Archive

Archives pour la catégorie ‘Lectures’

Le Monde selon Monsanto (Marie-Monique Robin)

26/07/2009

Pour tout un tas de raisons, je n’ai plus beaucoup le temps et l’envie de bloguer (je suis toutefois très présent sur twitter et surtout sur friendfeed). Je reviens néanmoins bloguer ici à propos de ma lecture du livre Le Monde selon Monsanto que j’ai eu la chance de recevoir grâce à l’opération Masse Critique du site Babelio (voir ce billet).

L’enquête de Marie-Monique Robin a déjà beaucoup fait parler d’elle. Nous avions d’ailleurs organisé l’année dernière la projection du film avec les Verts du 5ème et du 13ème arrondissement et la Ligue des droits de l’homme 5ème/13ème. Cette projection avait été suivie d’un débat en présence de la réalisatrice qui avait suscité de nombreuses réactions et questions.

J’ai donc abordé la lecture du livre avec un souvenir encore assez frais du film. Pourtant, j’ai de nouveau été surpris et j’ai (ré)appris beaucoup de choses sur les pratiques de Monsanto. On dit parfois que les images ont plus d’impact que les mots. Ici, lire ces faits, ces chiffres, ces extraits de rapports internes de Monsanto donne plus de poids aux mises en garde de Marie-Monique Robin et donne de la force pour continuer le combat. Les passages qui m’ont le plus marqué sont ceux concernant les pressions exercée par Monsanto sur les scientifiques indépendants et les politiques et ceux qui parlent des retombées pour les « vrais gens » (agriculteurs en Inde ou au Mexique, victimes de la dioxine au Vietnam ou des PCB à Anniston, Alabama, etc). Bien sûr, la question du brevetage du vivant et de la prise de contrôle par une firme de la souveraineté alimentaire des populations est très préoccupante et le livre permet la prise de conscience de ce risque.

A la lecture du livre, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce que Michèle Rivasi (députée européenne Europe Ecologie) nomme les 3 D, pour “Décider arbitrairement (dans un premier temps, sans prendre en compte la réalité de la situation), Désinformer et Différer les prises de position (sur ce qui apparaît évident alors qu’il faudrait agir)”.

Je conseille Le Monde selon Monsanto à ceux qui n’ont pas vu le film ou à ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances et avoir un document de référence sur l’histoire de la firme de Saint-Louis, sur toutes les atrocités qu’elle a perpétrées et surtout sur ses plans.

Enquête citoyenne, outil de remobilisation pour le militant, Le Monde selon Monsanto est d’une aide précieuse pour comprendre notre présent et changer notre avenir.

Pour terminer, un site web pour compléter le livre, débattre, agir: http://www.combat-monsanto.org

Cedric Ecologie, Lectures , , , , ,

Que faire? (Daniel Cohn-Bendit)

26/04/2009

Que faire? (Petit traité d’imagination politique à l’usage des Européens) est le dernier livre de Dany Cohn-Bendit. Il présente les principales idées de Dany Cohn-Bendit sur l’Europe et sur les solutions qu’elle pourrait apporter aux différentes crises (économique, écologique, …).

Le livre est plutôt intéressant, même s’il réserve relativement peu de surprises au militant écologiste. Quelques passages, qui traitent de sujets chers à Dany Cohn-Bendit comme le multiculturalisme ou les institutions européennes par exemple, sont passionants. Pour ma part, j’ai vraiment apprécié le chapitre sur la « société pollen » (théorisée par l’économiste Yann Moulier-Boutang). Sur cette question, je vous renvoie vers cet extrait du livre et aux livres de Yann Moulier-Boutang (je vais me procurer Le capitalisme cognitif et consacrer un billet à la société pollen quand je le pourrai!).

Pour aller plus loin, un blog du livre a été créé (mais malheureusement, il y a très peu de contenu). On préférera donc le twitter de Dany et le site d’Europe Ecologie.

Cedric Lectures , , , , , ,

Génération MLF 1968-2008

03/04/2009

J’ai appris l’existence de l’opération Masse Critique du site Babelio suite à un billet de Franck. Le principe est simple: les blogueurs s’inscrivent, sélectionnent des livres et peuvent en recevoir un. Les blogueurs s’engagent à critiquer ce livre sur leur blog et sur babelio dans le mois qui suit sa réception.

Je me suis donc inscrit et j’ai reçu le livre Génération MLF 1968-2008. Le MLF ou « mouvement de libération des femmes » est né en 1968 de plusieurs courants, de réformistes à radicaux.

Allons droit au but: ce livre est essentiel pour qui s’intéresse au féminisme en France et à son histoire. Essentiel pour comprendre à quel point la question du droit des femmes était importante à l’époque et à quel point nous avons avancé sur ces questions. Bien sûr, beaucoup de chemin reste à parcourir comme en témoignent les études récentes sur les différences de salaires hommes/femmes sur un poste équivalent.

La première partie du livre alterne témoignages et chronologies. Les témoignages permettent de comprendre les parcours de ces femmes qui, après mai 68, ont décidé de s’engager pour gagner/défendre leurs droits. Ces témoignages sont également très intéressants pour comprendre les militants politiques au sens large: qu’est-ce qui fait qu’à un moment donné une personne décide de militer? comment un mouvement politique naît? comment ce mouvement, parti de quelques individus, peut prendre de l’importance et influer fortement sur la société? Les chronologies permettent de contextualiser les témoignages et de suivre toutes les avancées (loi sur l’avortement, …) mais aussi tous les événements (récents) qui justifient qu’on se batte encore (par exemple, la lapidation de Ghofrane ou encore l’annulation de mariage par le tribunal de grande instance de Lille l’année dernière).

La deuxième partie est composée de photos, classées par année (malheureusement, il y a un « trou » étrange entre 1997 et 2005).

Le livre se termine par une troisième partie composée de presque 200 pages de « Documents » divers: tracts, affiches, articles de presse, …

Plus qu’un livre sur l’histoire d’un mouvement, Génération MLF 1968-2008 est donc une véritable encyclopédie des combats des femmes sur les 40 dernières années en France et dans le Monde dans laquelle j’irai chercher des informations ou relire des témoignages de temps à autre.

Génération MLF : 1968-2008.- Paris : Des Femmes – Antoinette Fouque, 2008.- 615 p., ill.- Prix : 18 €

Cedric Lectures , , , , , ,

Un bonheur insoutenable (de Ira Levin)

12/11/2008

Un bonheur insoutenable est une dystopie (ou contre-utopie) dans la droite lignée de 1984 de George Orwell ou Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Il raconte l’histoire de Li RM35M4419, un jeune homme qui vit dans un futur proche où l’individu n’a plus sa place et où toute l’humanité (appellée la Famille) est controlée par un ordinateur appellé Uni. La volonté, le choix, la différenciation n’a pas sa place dans ce monde où tout est « rationnalisé » par le super-ordinateur. Cependant, le grand père de Li RM35M4419 lui donne un surnom (Copeau) et quelques conseils qui vont pousser Copeau à s’interroger sur le monde dans lequel il vît et les moyens de le combattre. Je n’en dis pas plus sur l’histoire et je vais essayer de vous donner envie de lire ce livre en reprenant quelques unes des questions philosophiques et politiques qu’il pose.

Tout d’abord, une critique de la technologie: l’Homme peut-il accepter de laisser un ordinateur prendre des décisions à sa place, même si celui-ci est plus rationnel et « efficace »? De plus, les membres doivent passer un nombre obligatoire d’heures devant la télévision qui est un des « outils » d’Uni pour « abrutir » et rendre dociles les membres de la Famille. L’auteur pose aussi des questions éthiques sur les « traitements » et les modifications génétiques.

Quelle est la place de l’individu dans la société? Comment un homme seul (ou presque) peut lutter contre un régime totalitaire? Qu’est-ce qui fait qu’un individu remet en cause le système et se révolte?

Enfin, une question selon moi fondamentale: comment concilier liberté et égalité? Doit-on sacrifier la liberté à l’égalité ou l’égalité à la liberté? Dans la Famille, la liberté est réduite au minimum mais les membres sont tous plus ou moins traités de la même façon, ce qui évite certains problèmes (égoïsme, jalousie). Cependant, on se rend vraiment compte à la lecture du livre de la chance qu’on a de vivre libres, de pouvoir faire des choix, d’avoir le droit de se tromper.

D’autres questions très intéressantes sont posées à la toute fin du livre mais je vous laisse les découvrir par vous même (voir la page wikipedia pour ceux qui ont déjà lu le livre).

J’ai vraiment beaucoup aimé Un bonheur insoutenable (je l’ai même préféré à 1984 qui a, je trouve, moins bien vieilli). Si vous aimez la science-fiction et/ou les dystopies ou que vous voulez lire un roman qui vous questionne tout en vous divertissant, n’hésitez plus et foncez chez votre libraire préféré ou à la bibliothèque la plus proche! (n’oubliez pas de revenir ici pour me dire ce que vous en avez pensé!)

Cedric Lectures , , ,

Une raison d’espérer (de Jacques Généreux)

19/08/2008

Jacques Généreux est économiste et membre du parti socialiste, plutôt à gauche du parti. L’ouvrage que je vous présente ici a été publié il y a plus de 10 ans (en 1997) mais il est toujours d’actualité (peut-être plus encore sous Sarkozy). Le sous-titre du livre est « L’horreur n’est pas économique, elle est politique » en réponse au livre de Vivianne Forrester L’horreur économique. Le propos de Jacques Généreux est de montrer que l’horreur dans laquelle nous vivons (précarité, chômage, …) n’est pas dûe à des contraintes économiques extérieures (mondialisation…) mais dépend de nos choix politiques. L’analyse de la situation est vraiment brillante sur les raisons de la « résignation » des politiques et du manque de confiance des citoyens pour leurs dirigeants; sur les différentes erreurs qui nous ont mené là où en sommes aujourd’hui. Malgré celà, et comme son titre l’indique, le livre nous invite à espérer et quelques propositions de bons sens (réformes des institutions et de la vie politique selon 3 principes: transparence, évaluation indépendante et responsabilité).

Un petit extrait pour terminer:

On devrait consulter les experts sur les moyens employables et les citoyens sur les fins souhaitables. Or bien souvent, on fait le contraire! (…) C’est un peu comme si, au lieu de nous consulter sur l’opportunité d’un nouveau centre commercial et d’interroger les architectes sur la profondeur optimale de ses fondations, on faisait l’inverse!

Il faut lire ce livre! Pour ma part, je compte vite me procurer le dernier ouvrage de Jacques Généreux dont on dit beaucoup de bien ici et là: La Dissociété.

Cedric Lectures , , , ,

Vers l’abîme ? page 123, lignes 5-10

10/08/2008

J’ai été tagué par Vert chez moi… Il s’agit de:

1- citer la personne qui vous a “tagué”
2- indiquer le règlement
3- choisir un livre, l’ouvrir à la page 123
4- recopier à la 5ème ligne, les 5 lignes suivantes
5- indiquer titre, auteur, éditeur, année d’édition
6- taguer 4 personnes et les prévenir sur leurs blogs

Voici donc une citation, d’actualité, tirée de Vers l’abîme? d’Edgar Morin, important philosophe et sociologue français. (malheureusement pas toujours facile à lire)

« Le risque économique; l’interdépendance propre au marché mondialisé détermine une fragilité, aggravée par l’absence de vrai système de régulation; une crise généralisée, devenue envisageable, serait le bouillon de culture de nouvelles dictatures, voire de totalitarismes, comme le fit la crise de 1929.« 

Extrait de Vers l’abîme ? Par Edgar Morin. L’Herne. 2007.

C’est maintenant au tour de Franck, Julien, Adrien et Lunatic!

Et comme c’est aujourd’hui le jour du seigneur (et que j’ai toujours eu du mal à faire des choix), j’ai envie de vous faire partager une autre citation, tirée cette fois du Traité d’athéologie de Michel Onfray:

« Les chrétiens affirment que le monde a 4000 ans, ni plus, ni moins. Les scientifiques prouvent l’existence d’un monde avant leur monde. La science a tort… La géologie, une discipline fiable? Impossible. »

Cedric Lectures , , , , ,

Histoire de la révolution écologiste (d’Yves Frémion)

09/08/2008

Je ne vais pas y aller par quatre chemins: tout militant écologiste (a fortiori vert) doit lire et même posséder ce livre!

Yves Frémion est écrivain et journaliste, militant vert depuis 1987 qui a été notamment député européen et conseiller régional. En tant que vert et faisant partie d’une tendance, l’auteur fait des commentaires (souvent intéressants ou amusants) sur les différents évenements et il faut savoir les distinguer du récit. Ceci mis à part, le livre est très complet. Il commence par présenter les grands penseurs de l’écologie (une place de choix étant faite à un géographe qui est, selon l’auteur, méconnu des militants et dirigeants écologistes: Elysée Reclus). Cette première partie du livre est très intéressante et nous oriente vers d’autres lectures selon nos centres d’intérêt (par exemple, philosophie, économie, féminisme, et même science-fiction!). Ensuite, le passage de l’écologie « associative » à l’écologie politique (premiers mouvements, création des verts, etc…). La deuxième partie d’Histoire de la révolution écologiste est consacrée aux évenements à la fois « internes » (journées d’été, assemblées générales…) et externes (élections, 11 septembre 2001, rejet du traité constitutionel européen, émeutes de 2005…). Les autres mouvements qui se revendiquent de l’écologie politique ne sont pas oubliés (génération écologie, le mouvement écologiste indépendant, cap 21…)

Le livre se lit comme un roman (Yves Frémion est aussi auteur de science-fiction) et il aide vraiment à comprendre ce qui se passe chez les verts (l’histoire du mouvement aide à comprendre ses forces et ses faiblesses). De plus, le livre est encore récent et nous laisse juste après la dernière assemblée générale des verts (en 2006) et pendant la campagne présidentielle de 2007.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, je vous conseille d’aller écouter les podcasts d’Yves Frémion sur le site des Verts qui reprennent certains chapitres du livre.

Je termine avec une petite vidéo d’introduction au livre par Yves Frémion himself!

Cedric Lectures , , , ,

Les langages de Pao (de Jack Vance)

07/08/2008

« Quelle influence notre langage peut avoir sur notre façon de penser et nos actions? »: c’est la question qui est posée par Jack Vance dans ce roman de science-fiction datant de 1958 (!!!)

Les langages de Pao raconte l’histoire d’un peuple (les paonais) dominé militairement et commercialement par d’autres peuples. La cause de cette faiblesse serait le langage utilisé sur la planète qui ne favorise ni la rébellion ni une défense efficace. Je m’arrête là pour le synopsis.

Peut-être que le thème de départ vous semble abstrait. Pourtant les questions soulevées sont très intéressantes: quel sont les rapports entre la linguistique et la sociologie? quelle est l’importance de la langue dans l’identité d’un peuple? …

La lecture de ce roman est très agréable, son écriture simple sert l’histoire et les réflexions qui en découlent. Comme souvent dans la science-fiction, les choses sont exagérées mais l’essentiel est de distraire le lecteur et, si possible, de faire passer un message. Les langages de Pao réussit parfaitement ces 2 missions!

Cedric Lectures

Ce que la recherche fera de nous (d’Yves Pietrasanta)

09/06/2008

En passant chez Ecodif l’autre jour, je suis tombé sur Ce que la recherche fera de nous d’Yves Pietrasanta, ancien député vert européen et vice président de la région Languedoc Roussillon. A vrai dire, j’étais un peu (agréablement) surpris de trouver un ouvrage spécifiquement consacré à la recherche écrit par un élu écologiste et je l’ai donc acheté pour voir un peu ce qui y était dit!

Le livre commence (déjà) à dater mais de nombreuses questions importantes liées à la recherche sont abordées (choix politiques, financement, éthique…) et il est intéressant d’avoir un aperçu de ce que pense un élu écologiste sur ces questions. Il faut dire que la recherche ne fait pas (encore) partie des domaines où les verts sont les plus audibles!

Ce que la recherche fera de nous n’est pas du tout réservé aux experts et il est aisé de comprendre les grands enjeux. La lecture du livre est agréable, en particulier parce que l’auteur parle souvent de ses expériences en tant qu’élu (local et surtout européen). Il rappelle que la question de la recherche est fondamentale: les choix quant aux recherches qu’on privilégie aujourd’hui conditionnent ce que nous serons demain (des exemples simples: l’énergie et la santé). Il souligne aussi le fait que ces choix se font et se feront de plus en plus au niveau européen.

Petit bémol: le livre est court (124 pages) et des questions sont abordées sans être approfondies ou même pas du tout abordées, notamment les réformes structurelles de la recherche (peut-être parce que ce sont plus des questions nationales qu’européennes).

Ce que la recherche fera de nous a néanmoins le mérite d’exister et de montrer que les verts ont aussi des choses à dire sur la recherche!

Cedric Lectures, Politique, Recherche et enseignement supérieur

Que sais-je? Les Verts (1ère édition) de Guillaume Sainteny

22/05/2008

J’ai survolé la première édition du Que sais-je ? sur Les Verts qui date de 1991! L’histoire du mouvement et la façon dont il s’est formé permet de comprendre pas mal de choses sur sa structure et ses difficultés actuelles. L’organisation actuelle des Verts est remise en question (voir les contributions de la CAVE) mais la lecture du Que sais-je? m’a permis de comprendre pourquoi c’est « comme ça »! C’est étonnant comme certaines choses ont changé et comme d’autres choses n’ont pas du tout changé (certains débats internes par rapport au clivage gauche/droite par exemple)!

Je vais bientôt approfondir ça avec Histoire de la révolution écologiste d’Yves Frémion que j’avais emprunté mais que je préfère acheter tant il me semble indispensable pour comprendre à la fois la pensée écolo et l’histoire des Verts!

Bon, je me rends à la formation qu’organisent les Verts du 14ème sur la décroissance!

Cedric Lectures, Les Verts , ,


Warning: fsockopen() [function.fsockopen]: unable to connect to twitter.com:80 in /mnt/154/sda/0/9/lepanoptique/wp-includes/class-snoopy.php on line 1142